Expert automatisation - Julien Cahu

Interview Julien Cahu: implémenter une stratégie d’automatisation

Bonjour Julien, peux-tu rapidement te présenter ?

Bonjour, Je suis Automation Practice Manager chez K-LAGAN. Je travails dans l’automatisation des tests depuis 2012, je suis l’un des co-créateur des Jeux les « 1001 Tests » et de « Bugs End« . J’anime des conférences et des webinaires autour de la qualité.

Quelle formation as-tu suivie ?

J’ai fait un diplôme d’ingénieur en génie informatique à l’E.I.S.T.I. (nouvellement CY Tech).

Peux-tu nous décrire ton parcours professionnel ?

J’ai commencé l’automatisation des tests en 2011 lors d’un stage de 6 mois chez un éditeur de logiciel de RH sur TestComplete de SmartBear.

Puis en 2012, j’ai rejoint Altran en tant que jeune diplômé pour devenir automacien.

Après plusieurs missions, dans le public, la banque, l’assurance ou le transport, j’ai intégré les équipes d’expertise en 2020.

En 2021, je suis arrivé chez Sogeti FS en tant qu’expert automatisation pour des missions dans le domaine de la finance et de l’assurance.

Depuis Mars 2024, je travaille pour K-LAGAN, j’ai créé avec Marc HAGE CHAHINE et Yann-Yves COVA la Business Line QA pour le groupe.

Pourquoi avoir choisi le métier d’expert automatisation ?

Lorsque j’ai découvert en 2011 l’automatisation, j’ai apprécié ce métier car il possède une partie technique avec de la programmation d’automate mais aussi une partie de réflexion et de méthodologie qualité. L’expertise m’a parue une suite naturelle car je recherche le chalenge et souhaite être au fait des dernières tendances.

Peux-tu décrire ce qu’est ce métier pour toi ?

Le métier d’expert automatisation est pour moi un métier technique (programmation, architecture, …), d’écoute pour appréhender les contextes client, de transmission afin de pouvoir former les équipes ou informer/convaincre les projets autour de l’automatisation et d’apprentissage continu.

Peux-tu décrire ce qu’est l’automatisation pour toi ?

L’automatisation pour moi est un programme qui permet de déléguer à une machine une partie du travail des QA pour leur libérer du temps afin qu’ils puissent effectuer des actions à plus haute valeur ajoutée. En tant qu’automaticien, notre travail est perçu, par certain, comme un moyen de remplacer les QA mais cela ne doit jamais être le cas.

Quelle était ta première mission en automatisation ? Comment s’est-elle déroulée ?

Quand j’ai commencé chez Altran, j’ai fait une mission chez l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN). J’étais chargé de l’automatisation des tests sur 3 plateformes (GED, Ticketing et annuaire). Mais j’étais aussi le référent QA sur ces application (stratégie, rédaction, exécution, …), je suivais les TMA et était le premier contact de l’infogérance.

Peux-tu nous parler de ton plus beau succès en automatisation ?

Pour moi, je ne considère aucun de me succès comme le plus beau. Chacun à ces avantages qui lui sont propres. J’ai des missions où j’ai pu former des automaticiens juniors qui ont ensuite pris la relève, des projets de A à Z complexes qui ont amélioré la qualité du logiciel ou la mise en place d’architecture d’automatisation dans un contexte de groupe complexe et sécurisé.

Peux-tu nous parler de ton plus grand échec en automatisation ?

Pour moi, mon plus grand échec est de n’avoir pas su convaincre un client qui avait un contexte favorable à l’automatisation de la propager sur ses projets.

Quelle est ta méthode pour implémenter l’automatisation ?

Ma méthode suit un processus spécifique en 4 étapes :

  • L’étude de faisabilité fonctionnelle et technique de l’automatisation. L’objectif est d’étudié l’intérêt de fonctionnelle et financier de l’automatisation mais aussi de commencer l’architecture de la solution d’automatisation.
  • La réalisation d’un POC : L’objectif est de programmer un ou deux parcours qui sont représentatifs des modules techniques du service numérique afin de valider la solution technique. A la fin, je rédige un rapport complet qui contient les informations de l’étude de faisabilité, les résultats du POC, toutes les estimations de gains (le ROI financier, le temps d’exécution, le nombre de cas de tests exécutés par recette et la charge libérée lors de recette) et nos conclusions.
  • La stratégie d’automatisation : Rédaction de la stratégie d’automatisation pour formaliser tous les processus et l’architecture de l’automatisation dans le contexte du projet.
  • La généralisation : réalisation, exécution et maintenance de l’automate si possible en mode itératif pour exécuter au plus tôt et permettre un pilotage par les gains.

Quels sont les avantages de ta méthode ? Que fais-tu si une équipe refuse de l’adopter ?

Les avantages de cette technique sont de pouvoir arrêter l’intégration de l’automatisation au plus tôt si on constate une alerte de non-pérennité de l’automatisation dans le contexte client.

Si l’équipe refus de l’adopter, j’essaye de les convaincre en argumentant sur les gains de cette méthode : financier (si arrêt pour des contraintes que l‘on aurait détecté dans les 3 premières phases), structuration de la solution d’automatisation, pilotage par les gains ou exécution au plus tôt.

Quelles sont les difficultés les plus fréquentes lors de l’implémentation de l’automatisation ?

Les difficultés les plus fréquentes rencontrées lors de l’implémentation de l’automatisation sont un manque de maturité qualité sur les projets (répertoire de test non complet et/ou non détaillé), environnement et JDD non maitrisé et le développement de l’application ne respecte pas certaines bonnes pratiques (blocage de l’automate ou coût de maintenance trop élevé).

Aujourd’hui, les blocages liés à certains types de modules techniques, comme le captcha ou les claviers numériques aléatoires, sont automatisables avec des outils de computer vision ou de l’IA.

Comment es-tu devenu expert en automatisation ?

Je suis devenu expert en automatisation après être monter en compétence sur plusieurs outils d’automatisation, sur différents types d’applications et dans différents domaines d’entreprises.

L’auto-formation à de nouveaux outils et méthodologie ou ma participation à des communautés internes liés à l’automatisation pour partager mes connaissances m’ont permis d’être reconnu par les experts de mon entreprise et l’opportunité de les rejoindre.

Comment fais-tu pour continuer à te former ?

Aujourd’hui pour continuer à me former, je me tiens informer des nouveautés dans le monde de l’automatisation et j’essaye le plus possible de manipuler dessus. En tant qu’expert, nous pouvons facilement être en contact avec les éditeurs afin d’évaluer leur solution.

De plus, si un framework ou un outil m’oblige à apprendre un nouveau langage, je n’hésite pas à me former dessus via des tutoriels sur internet ou livres.

En tant qu’automaticien, je base principalement mon autoformation sur de la pratique mais n’oublie de me tenir à jour en méthodologie.

Formes-tu des automaticiens ? Si oui, comment ?

Oui j’ai formé des automaticiens.

Sur le comment, tout dépendait du niveau de la formation et des participants mais j’axe principalement mes formations sur de la manipulation concrète (langage, automate, exécution, …) car pour moi rien ne vaut la pratique. De plus, j’essaye de faire en sorte que mes exercices d’apprentissage soit ludique et diversifier (par exemple pour de l’apprentissage de code la réalisation d’un jeu simple comme le tic-tac-toe).

Quels profils recherches-tu pour les formations ?

Pour former de nouveau arrivant dans le monde de l’automatisation, je cherche surtout des personnes qui sont motivées avec au minimum un bagage technique ou une appétence pour la technique en ayant déjà une expérience dans le monde de la qualité logicielle.

Pour des collaborateurs plus expérimentés, les profils dépendront de la formation.

Quels conseils donnerais-tu à des débutants ou des personnes tentées par l’automatisation ?

Mon principal conseil pour des débutants ou des personnes tentées par l’automatisation est de ne pas avoir peur de la technique qui peut impressionner au départ, de beaucoup pratiquer et de manipuler pour apprendre. Les erreurs ou petits blocages sont normaux dans la phase d’apprentissage, l’important d’aller chercher les solutions par soit même pour faciliter la compréhension du problème.

Quel est l’outil qui te semble indispensable dans l’automatisation ?

Aujourd’hui, je n’ai pas forcément un outil indispensable mais une liste dans lequel il est intéressant de connaitre au moins un outil pour commencer :

  • Pour de l’IHM : Robotframework, Selenium, Cucumber, Playwright ou Cypress
  • Pour de l’API : Postman, ReadyAPI ou langage de programmation
  • CICD : Jenkin ou GitLab CI

Quels sont, selon toi, les prochains challenges que les automaticiens devront affronter ?

Pour moi, le prochain challenge des automaticiens est l’arrivée de l’IA dans l’automatisation.

Ce challenge n’est pas une opposition mais plutôt une appropriation de l’IA dans l’atomisation et comment automatiser les recettes d’IA.

L’intégration de l’IA dans les outils d’automatisation a déjà commencé avec des outils qui permettent de faire de la reconnaissance d’image ou vocale ou faciliter la maintenance d’objet.

As-tu une devise ou tout autre chose qui te semble importante dans ton métier ?

Ma devise pourrait être : « Tout problème a une solution, il faut juste chercher un peu. »

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Juste un petit rappel pour ceux qui hésitent  à se lancer dans l’automatisation.

Il ne faut pas avoir peur de se lancer et de faire des erreurs, on en a tous fait. Le principal est de la comprendre, de chercher la solution et de la corriger.

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