Cette série part de la présentation faite lors du webinaire « Rendre la vie du testeur plus facile«
L’idée est de développer chaque difficulté abordée et d’aborder des techniques pour y faire face.

Difficulté: l’évolution de sa carrière
Cette difficulté n’est certes pas un problème quotidien mais je ne connais pas de testeur qui ne se soit pas poser de questions à ce sujet.
J’ai eu la chance de rencontrer un grand nombre de professionnels tout au long de ma carrière et, en général, quelque soit le niveau d’expérience on arrive souvent à des questionnements sur la carrière.
Pour les personnes fraîchement arrivées dans le test et la qualité il y a des interrogations comme:
- Quels sont les outils et méthodologies que je dois connaitre pour avoir une mission ?
- Est-ce que je dois me spécialiser sur l’automatisation, les démarches agiles ou la connaissance des produits ?
- Quelles certifications sont les plus intéressantes à avoir ?
Pour les personnes avec un plus grand nombre d’années d’expériences:
- Est-ce que je dois rester sur cette mission ou aller sur une autre qui me permettra de développer plus de compétences ?
- Dois-je accepter cette mission ou une autre ? Laquelle sera la meilleure pour ma carrière ?
- Dois-je changer d’employeur ? Si oui, une ESN ou un client final ?
Pour les personnes plus expertes
- Dois-je passer freelance pour avoir plus de temps pour la veille, faire ce qui me plait et/ou gagner plus ?
- Quels sont les sujets qui vont émerger et sur lesquels je dois me spécialiser ?
Commun à un grand nombre de professionnels
- Comment avoir un interlocuteur / manager qui comprend mon métier et mes aspirations pour me proposer des évolutions de carrières cohérentes ?
- Comment faire pour avoir des propositions d’emplois cohérentes avec mon profil et mon expérience ?
Raisons des difficultés
Les raisons de ces difficultés sont nombreuses. Voici celles qui, pour moi, sont les principales:
Il y a beaucoup de métiers dans le test qui est un sujet vaste et complexe
Les métiers du tests sont très nombreux. Le CFTL propose 7 fiches de poste depuis plusieurs années. Depuis le nombre a encore augmenté, il n’y a, par exemple, pas de fiche « testeur agile).
De même, ces métiers peuvent être multipliés par les environnement. Le métier d’automaticien n’est pas le même si l’on fait l’automatisation web, mobile, sur système embarqué… Sur des services numériques plus ou moins critiques (transport, santé, jeux…)
On est mauvais pour prédire l’avenir
Depuis que je suis arrivé en CP on me demande ce que je voudrais faire plus tard!
Si on regarde mes réponses entre l’âge de 6 ans et le moment où j’ai commencé à avoir des missions d’expertises il y a eu:
- Enfance: Expert comptable pour faire mieux que mon papa
- Début lycée: Professeur (vite oublié à cause du salaire)
- Lycée: Je ne sais pas, je veux juste un salaire suffisant pour vivre correctement… Je vais donc faire une classe préparatoire
- Classe préparatoire: Ingénieur… En quoi ? Aucune idée… je vais faire une école d’ingénieur généraliste
- École d’ingénieur: Ingénieur télécom spécialisé dans les transports
- Stage de fin d’étude: AMOA
- Suite à ma première mission: testeur pour devenir chef de projet ensuite
- Après 2 ans dans le test: test manager
- Arrivée chez Altran: Expert test
- Arrivée chez QESTIT: Expert test avec des responsabilités sur la communication de l’entreprise puis sur la politique de la Business line Test de l’entreprise
Beaucoup de changements et rien qui ne soit arrivé avant mes 5 années d’expériences… Et encore j’ai eu la chance d’avoir les opportunité pour réaliser mes objectifs!
La branche professionnelle du test est assez « jeune »
Quand j’ai commencé dans le test en 2011 ce métier ne m’avait pas été présenté lors de mes études. De même, il n’était pas non plus mis en avant lors des entretiens. En environ 40 entretiens où je parlais d’AMOA on ne m’a parlé qu’une fois de test et avec des pincettes. Un peu comme si le recruteur essayait de « refourguer » une mission à quelqu’un car il n’arrivait pas à trouver!
Il a fallu que je décide de mettre en avant mon envie de faire du test après ma première mission pour que l’on me propose des missions sur le sujet… Et il y avait beaucoup d’opportunités car peu de candidats.
Depuis le métier a (très) rapidement pris de l’importance. Cette vitesse de développement n’a pas permis à d’autres branches de suivre. Je pense notamment au managers qui suivent notre carrière, aux écoles, aux employeurs ou aux recruteurs.
D’ailleurs ces croissance soudaine a fait émerger de nombreuses POE dédiées au test!
Solutions envisageables
Il n’y a aucune solutions parfaites. Néanmoins il y a des actions qui permettent d’avancer plus clairement. On peut voir à travers mon évolution que mes objectifs ont été de plus en plus précis! Voici des éléments qui me semblent importants:
Choisir sa spécialisation
Le domaine du test et de la qualité est très vaste. Il est primordial de choisir vers quoi s’orienter en tenant compte de ce que l’on apprécie et de de la demande du marché.
Lorsque cela est fait il faut étudier et faire de la veille sur ces sujets. De même, cela permet de faire une sélection dans les missions et d’avoir un discours plus cohérent en face d’un potentiel employeur ou recruteur.
Indiquer clairement ses compétences avec des mots clés
Cela ne permet pas d’éviter les envois de recruteur qui ne font dans leur recherche que « test » mais permet d’avoir des sollicitations plus cohérentes
Intégrer une société avec une culture dans le test
Je dis société mais cela peut être aussi une agence ou une équipe. C’est le meilleur moyen de tomber sur un manager qui connaisse le métier et qui puisse nous guider. Pour moi, cela a été long de trouver un manager qui comprenne mes attentes, mes aspirations et mon métier. Cela est arrivé avec mon 4ème employeur: Altran. J’ai eu alors un manager qui était un ancien testeur et qui m’a accompagné. J’ai eu aussi la chance de devenir « Key member » de l’ITQ ce qui m’a permis d’échanger avec de nombreux experts!
Échanger avec d’autres professionnels
Les expériences et conseils des autres professionnels sont à mon sens ce qu’il y a de plus précieux. Pour cela il est important de faire de la veille et de participer, quand c’est possible, à autant d’événement que possible… de préférence en présentiel.
De même, on voit de plus en plus de REX dans des blogs ou des podcast. Cela me parait très important de les lire quand on se pose des questions… et encore plus lorsque l’on débute. En ce sens, je trouve qu’un témoignage comme celui d’Asli Le Dain est particulièrement précieux car beaucoup de personnes se retrouvent dans sa situation.
Conclusion
Mener sa carrière n’est pas une chose aisée. C’est d’autant plus vrai dans le test. Cette difficulté vient s’ajouter à de nombreuses difficultés que connaissent les testeurs. Afin de s’assurer d’évoluer dans la direction qui nous convient le plus il est important de faire des choix (qui pourront évoluer ensuite) et de partager ses expériences. Faire ce travail d’identification de ses objectifs c’est faire une bonne partie du chemin dans la gestion de sa carrière et de son évolution dans le test.
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Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles



2 réponses
Bonjour,
Je tiens à vous remercier pour ces articles. Étant diplômée d’une licence en Physique Fondamentale, j’ai poursuivi mes études par un Master. Master en Technologies et Instrumentation dans le domaine du spatial. A l’issue de mes études j’ai été vivement intéressée par le test ( AIT : Assemblage Intégration Test) . En parlant de cela , c’est comme si c’était le pire des emplois. J’ai donc eu peur et j’ai opté pour faire comme tout le monde. Me voilant avec 7 ans d’expérience dans le consulting. J’ai décidé depuis 2/3 ans de retourner à ce qui m’attirait dès le départ, le test. Et je me rends compte le parcours n’est pas linéaire. Je me réoriente et entre souvent un bras de fer avec certaines ESN qui ne connaissent pas vraiment cette branche et sont prêtes à vous mettre n’importe où, pourvu que vous soyez dans une mission. J’ai décidé de passée en portage salarial afin de pouvoir avoir la main sur le choix des missions et rester dans ce domaine qui me passionne. J’ai essuyé beaucoup de mépris quant à ce domaine d’activité maos je reste motivée et déterminée.
Merci pour les articles et le site ! Ils sont d’une aide précieuse !
Merci pour ce témoignage!
De ce que je vois, les choses évoluent lentement mais dans le bon sens =)
Et comme le dit Confucius il ne faut pas craindre d’avancer lentement, seulement de s’arrêter.