La taverne du testeur

L’ISO 25010 n’est pas (que) ce que vous pensez!

La norme ISO définit des critères qualités objectifs…

L’ISO 25 010, la norme définissant les critères qualité des logiciels est une norme que la majorité des testeurs connaissent de nom et que beaucoup de spécialistes connaissent bien. La taverne a d’ailleurs proposé de nombreux articles à ce sujet et notamment sur les 8 différents critères qualité qui ont même fait l’objet de la série « à la recherche de la qualité perdue« .

Pour rappel, ces critères sont:

Tous ces critères objectifs sont très bien. Néanmoins, il restent principalement des indicateurs qui ne permettent pas totalement de dire si le logiciel est suffisamment satisfaisant pour être considéré de qualité par un utilisateur. Ce que l’on peut appeler de la « qualité à l’usage ».

Il existe de nombreux logiciels de bonne qualité si on le mesure de manière objective mais qui n’ont pas forcément (encore) eu beaucoup de succès. Je pense de nombreux jeux qui sont des bons jeux mais qui restent dans l’ombre de jeux références sur leur créneau. Cela s’explique souvent par un manque de visibilité mais aussi et surtout par une qualité à l’usage inférieure (parfois de très peu) à celui du modèle.

Qu’elle fut ma surprise lorsqu’au détour d’une conversation avec un membre du groupe de travail sur la « Qualité durable » j’ai appris que le concept de qualité à l’usage existait dans l’ISO-25 010 et même qu’il était documenté et faisait l’objet d’un tableau à part:

A noter: la source utilisée pour cette article est le site officiel des normes ISO: iso.org.

… La norme ISO définit aussi des critères de qualité à l’usage!

Dans le tableau de qualité à l’usage (non présenté, à ma connaissance, dans les syllabus ISTQB) se trouvent des notions particulièrement importantes et qui permettent d’ajouter de l’humain ainsi que la notion de durable dans les logiciels. Ces critères sont:

  • L’efficacité

Le logiciel permet-il à l’utilisateur d’atteindre ses objectifs ? On est ici assez proche du critère fonctionnel tout en étant très éloigné. En effet, les objectifs ne sont pas que fonctionnels et on se retrouve au final avec un mélange de fonctionnel et de non-fonctionnel.

  • L’efficience

Les ressources dépensées sont elles proportionnées par rapport à ce que l ‘on veut accomplir ? Le principe de l’efficience est un principe clé du test et il l’est aussi dans le logiciel. L’efficience impacte la performance (ressources de temps et ressources matérielles), la portabilité (ressources matérielles) mais va également au delà des simples critères ISO 25 010 avec des notions de ressources humaines (personnes devant contribuer pour atteindre le but) et environnementales (CO2 émis, pollution potentielle engendrée…).

  • La satisfaction

La satisfaction est un indicateur clé en Agile et ce n’est pas pour rien. En effet, comment dire qu’un logiciel est de qualité alors qu’il ne satisfait pas ses utilisateurs ? Comme pour les points précédents, et même encore plus, il est complexe d’avoir des mesures standard pour définir un niveau de satisfaction. Il faut alors adapter ces mesures à un contexte et investiguer pour connaitre les potentielles raisons d’insatisfaction… qui peuvent également être liées à ce que fait d’autres logiciels similaires

  • L’absence de risque

Ce critère est potentiellement le moins atteignable dans le sens où il y aura toujours un ou plusieurs risques. L’idée ici est plutôt de penser à limiter les différents risques (mitigation des risques) liés au logiciel. Ces risques sont divisés en 3 catégories qui sont les risques économiques (qui sont quasiment toujours évalués), les risques liés à la santé et la sécurité (souvent évalués pour les systèmes critique mais rarement pour les autres) et les risques environnementaux qui ne sont, à ce jour, que très rarement vraiment étudiés.

  • La couverture des contextes

Le logiciel est-il capable de répondre de manière efficace, efficiente sans risque et en assurant un haut niveau de satisfaction dans la cas où il est utilisé dans des contextes non prévus initialement ? L’idée est ici de savoir si le logiciel reste de qualité quand ses utilisateurs se l’approprient et l’utilisent selon leurs besoins et leurs manières de penser qui sont différents des personnes qui ont conçues le logiciel.

Conclusion

L’ISO 25 010 est beaucoup plus large que ce que je pensais à travers le passage de mes certifications et ma veille technologiques jusqu’à il y a peu. Au final il s’avère que cette norme est bien consciente que la qualité ne peut s’évaluer qu’à travers des critères techniques. Elle doit aussi faire l’objet d’une étude basée sur le ressenti des utilisateurs et leurs usages. Cette évaluation est plus « complexe », moins « certaine » mais toute aussi nécessaire et je me réjouis qu’elle fasse partie de la norme qualité faisant référence dans le milieu du test.

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Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles

N’hésitez pas à faire vos propres retours d’expérience en commentaire.

2 réponses

    1. Je découvre ces éléments grâce à mes échanges avec de nombreux passionnés qui viennent de diverses professions.
      Dans ce cas particulier c’est Guillaume Kerien qui me l’a fait découvrir. Il collabore sur certains projets avec l’INR (Institut du Numérique Responsable)

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