élucidation vs élicitation

Elucidation vs Elicitation – Raphaël FRIESS

« Quelle est la différence entre l’élucidation et l’élicitation des exigences ? Je suis perdu… ! » Vous aussi vous vous posez la question ?

Fréquemment, lors de formations, d’ateliers ou simplement lors de discussions autour de l’ingénierie des exigences, la question revient au sujet de la signification concernant l’élucidation et l’élicitation. Quelle est la différence ? En quoi consiste chacune de ces activités ?

Les 2 termes correspondent, en fait, à une seule et même activité. Ils sont apparus à la traduction du terme anglais « to elicit » par éliciter (tirer, faire sortir) et élucider (rendre clair). L’activité de « requirement elicitation » consiste effectivement à faire ressortir et rendre clair les exigences des parties prenantes.

La majorité des organismes, tel IQBBA (International Quality Board for Business Analysis) et IIBA (International Institute of Business Analysis) ont retenu le terme « élicitation ».   Si l’on se réfère au BABOK (recueil de bonnes pratiques d’IIBA), « L’élicitation consiste à faire émerger ou ressortir l’information provenant des parties prenantes ou d’autres sources. C’est la voie principale vers la découverte des exigences et d’information pour la conception ».

L’IREB (International Requirements Engineering Board) a, quant à lui, fait le choix du terme « élucidation ». Dans le handbook IREB niveau « Requirement Elicitation », l’élucidation est définie comme l’activité consistant à « …transformer les demandes, souhaits et attentes implicites en exigences explicites. ».

L’IREB et l’IIBA sont deux organismes qui se concentrent sur des aspects différents de l’analyse des besoins et des processus métier. L’IREB se concentre principalement sur l’ingénierie des exigences, tandis que l’IIBA se concentre sur l’analyse commerciale dans son ensemble.

L’activité d’élucidation selon l’IREB fait référence au processus de clarification et de compréhension des besoins et des exigences d’un projet. Cela implique généralement la communication avec les parties prenantes, l’identification des besoins, la modélisation des exigences, et la validation de ces exigences pour garantir qu’elles sont correctes, complètes et cohérentes.

D’un autre côté, l’activité d’élicitation selon l’IIBA se concentre sur le processus de collecte et de découverte des besoins et des exigences des parties prenantes. Cela implique de comprendre les besoins métier, d’identifier les parties prenantes pertinentes, de collecter des informations sur les processus existants, et de documenter ces exigences de manière à ce qu’elles puissent être utilisées dans le processus de développement.

Bien que les termes diffèrent légèrement, on constate qu’il y a plusieurs points de convergence. D’une part, la compréhension des besoins bien que les approches et les techniques utilisées puissent varier. D’autre part, la communication avec les parties prenantes pour garantir une compréhension claire des besoins et des exigences du projet.

Enfin, quelque soit l’organisme, cette activité s’appuie sur des techniques telles que les entretiens, les ateliers, l’observation sur site, les questionnaires, etc.

Conclusion

En conclusion, au-delà des termes utilisés par chaque organisme et bien qu’ils aient chacun leurs propres spécificités, les activités d’élucidation et d’élicitation partagent des objectifs communs dans le processus de développement, notamment la compréhension des besoins des parties prenantes et la communication efficace. Ce sont ces points de convergences qu’il faut retenir en tant que principes fondamentaux, de cette activité, visant à garantir le succès des projets.

A propos de l’auteur: Raphaël Friess occupe le poste de responsable méthodes et de la qualité chez TECH’advantage, une entreprise spécialisée dans le développement d’applications scientifiques et l’édition de solutions de gestion de données. Avec 14 ans d’engagement au sein du Groupe de Travail Ingénierie des Exigences (GTIE), où il est un membre actif, Raphaël apporte son expertise dans ce domaine. En complément de ses activités professionnelles, il exerce également en tant qu’enseignant vacataire en université et école d’ingénieurs.

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