La taverne du testeur

Pourquoi l’ISTQB est-elle nécessaire ?

Introduction

J’ai écrit pas mal d’articles sur le vocabulaire ISTQB et sur leur utilisation généralement perçue dans les différentes équipes.

Certains de ces articles, je pense tout particulièrement au duel « vocabulaire ISTQB vs vie réelle« , amènent souvent des commentaires avec lesquels je ne suis pas d’accord et qui ne représente pas l’idée que je souhaite faire passer avec mes articles.

Le type de commentaires auxquels je pense, et que je respecte totalement, sont liés à l’utilité de l’ISTQB ou sa nécessité à évoluer pour s’adapter à notre expérience faisant office de « vie réelle ». Malheureusement ce n’est pas si simple et j’espère que la suite de cet article va vous convaincre que l’ISTQB et son vocabulaire normés sont nécessaires et que cela serait une erreur de s’en passer!

Pour cela je vais, comme souvent, passer par une analogie. J’ai choisi ici de vous parler du langage.

Le langage en « entreprise » ou de « la vie réelle » n’existe pas

Cela peut paraitre évident mais il faut le rappeler. Il n’y a pas de vocabulaire « entreprise » commun sur le test. On peut voir le vocabulaire d’une entreprise un peu comme une langue nationale. Si l’on prend le français. Imaginons que l’entreprise soit la France et donc son « langage » d’entreprise soit le français. Les membres de l’entreprise France se comprennent assez facilement néanmoins il y a des différences et quelques difficultés de compréhensions entre différents services. De même les employés de cette entreprise ne parlent pas pareil en fonction de leur interlocuteur. Des groupes d’ingénieurs à la machine à café développent même leur propres mots spécifiques. Qui ne s’est pas amusé avec des amis à inventer des mots uniquement compris par eux ? Enfin, certains services se servent même de langues régionales dès lors où la communication reste dans le service.

France est une entreprise du secteur francophone qui a de nombreux concurrents. Il y a notamment la Belgique, le Canada, une filiale de la Suisse et de nombreuses entreprises africaines comme la Côte d’Ivoire. Même si les langues sont très proches on remarque de nombreuses différences. Et il est évident pour chacune de ces entreprises que le « vrai » vocabulaire et la « bonne » utilisation du français est la leur!

De même, le secteur francophone est relativement proche du secteur hispanophone car tous deux sont issus d’un secteur plus grand: les langues latines. Les personnes peuvent arriver à se comprendre entre les différents secteurs mais cela devient plus compliqué.

Dans le test c’est pareil! Chaque entreprise a son contexte à travers son vocabulaire, a ses processus et sa manière de voir les choses…

Afin de s’assurer qu’une communauté plus large que la simple entreprise se comprenne il est nécessaire d’avoir un référent commun. A l’heure actuelle ce qui fait référent commun dans les langues c’est l’anglais.

L’ISTQB le langage pour les rassembler tous!

Il n’existe pas de vocabulaire « entreprise » commun. Si l’on veut assurer des échanges et faire passer de la connaissance il est nécessaire de se définir une norme qui permette à tout à chacun de se comprendre sans devoir faire des efforts et des analyses de chaque mot employés. Au niveau des langues c’est l’anglais qui fait actuellement cet office. J’ai travaillé quotidiennement pendant plus de 3 ans avec des ukrainiens, j’ai travaillé plus de 2 ans chez Amadeus avec ses ingénieurs aux plus de 30 nationalités différentes. Notre langue de travail était dans les 2 cas l’anglais. Quand je travaille avec des collègues en Egypte ou en Allemagne: je parle anglais et ce même si je connais un peu l’allemand.

C’est pareil quand je vais en vacances à l’étranger. Par défaut si on ne parle pas français dans le pays je parle anglais… L’anglais à cet intérêt d’être une « norme » une « référence » qui fait que dans la plupart des pays touristiques ou entreprises non francophones on peut trouver des personnes le parlant ce qui facilité grandement le voyage ou les échanges.

L’anglais joue alors le même rôle que celui de l’ISTQB: il offre un moyen commun de communiquer compréhensible par une majorité des interlocuteurs! Un moyen de partager ses connaissances, ses envies, son savoir… et ce même si l’on ne parle pas la même langue au départ. Cela est évidemment moins naturel qu’utiliser sa langue principale ou maternelle mais cela reste un formidable outil qui s’avère très vite nécessaire.

Conclusion

L’ISTQB a ses défauts (mais qu’est-ce qui n’en na pas ?). L’ISTQB peut et doit être améliorée (mais qu’est-ce qui n’en n’a pas). L’ISTQB ne s’adapte pas à tous les contextes (mais est-ce vraiment possible ?). L’ISTQB demande un effort parfois conséquent pour bien s’approprier ses normes et son vocabulaire.

Tout cela est totalement vrai! Néanmoins, dans le monde du test, l’ISTQB c’est environ 1 millions de certifié fondation qui ont appris un vocabulaire spécifique, des processus standards et des concepts génériques. Utiliser l’ISTQB permet donc, rien qu’en s’y référençant, de faire passer des notions qu’il serait complexe de devoir expliquer à chaque fois et d’éviter des incompréhensions sur le sens des mots employés. Bref l’ISTQB est le langage commun des testeurs, notre norme, notre référent. Il est selon moi essentiel de le préserver, de bien se l’approprier et de le faire vivre car ses défauts sont négligeable par rapport à son apport: la faculté à bien se comprendre et faire évoluer son savoir!

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