Témoignage: développer un outil de conception visuelle des tests

Peux-tu brièvement te présenter ?

Je m’appelle Arnaud Bouzy. Je suis arrivé il y a 10 ans chez Smartesting (qui avait alors 6 ans) en tant qu’avant-vente et pour faire du consulting qui prenait beaucoup de temps à l’époque. Le travail de consulting chez un éditeur consiste à assurer la formation, l’aide au démarrage et à l’utilisation de l’outil. A l’époque le seul outil proposé par Smartesting était CertifyIt.

Qu’est-ce que l’outil certifyIt ?

CertifyIt est un outil de MBT qui existe toujours. C’était à l’époque le seul logiciel de Smartesting et il était adressé à tous les marchés (IT et embarqué). Initialement Smartesting et CertifyIt ont été créés et développés pour le marché de la carte à puces. A partir de 2007-08 Smartesting a étendu son marché à l’IT. Je suis arrivé à ce moment-là et ai surtout travaillé sur l’IT. La raison principale de cette diversification vers l’IT était de pouvoir s’adresser à un plus haut niveau, à des sociétés qui ont plus de testeurs. De plus dans l’embarqué il y a toujours des environnements spécifiques alors que c’est plus homogène dans l’IT ce qui permettait de gagner en échelle (contrat + gros avec moins de développements spécifiques).

Pourquoi avoir voulu travailler pour Smartesting ?

J’ai travaillé chez Rational qui a été racheté par IBM et qui était spécialisé dans les outils de développement. A ce titre, j’ai travaillé sur la modélisation et sur le test (partie solutions pour l’embarqué). Dans la solution de développement UML pour l’embarqué il y avait des parties dédiées au test qui étaient intéressantes. Enfin celui qui m’avait engagé chez Rational et avec qui je m’entendais très bien est allé chez Smartesting. Il m’a alors proposé de rejoindre Smartesting afin de travailler pour l’industrie du test (en liant conception et test) avec lui.

Pourquoi avoir développé Yest ?

Le développement de Yest a commencé en 2015. On avait constaté que CertifyIt, et le MBT en général, ne trouvait pas vraiment sa place dans l’IT. Le problème n’était pas forcément notre logiciel car nos concurrents (Conformiq et MaTeLo) avaient les mêmes problèmes. Le problème principal étant un manque d’adhésion de la part des testeurs IT aux technos MBT. L’idée plaisait mais la greffe ne prenait pas. A partir de 2012 je suis devenu « Product Manager » c’est-à-dire que je suis devenu plus proche de la R&D pour la définition des évolutions et j’ai quitté la partie avant-vente. Je conservé aussi la partie consulting/formation.

En 2015, la société s’est scindée en deux (Smartesting et Hiptest). Nous avons repris la marque Smartesting, continué sur CertifyIt et démarré le développement de Yest.

Les postulats de bases pour Yest étaient:

  • Avoir un logiciel le plus simple possible d’utilisation et qui ne soit plus du MBT au sens classique avec une mise au même niveau du test et du graphique.
  • Ne pas faire appel à des notions de modélisation trop abstraite pour permettre aux testeurs des équipes IT d’utiliser aisément le logiciel.

De quel outil t’occupes-tu actuellement?

Je m’occupe principalement de Yest. CertifyIt existe toujours, mais il n’est plus au cœur de notre activité.

Depuis 2015, comment se passe la construction et les évolutions de Yest ?

Il y a eu 2 phases.

  • La première du développement interne sans communication ni présentation externe pendant au moins 6 mois et qui était le fruit de notre réflexion sur CertifyIt. On a fait beaucoup d’expérimentations. On a ensuite commencé à faire des Dojos avec des utilisateurs cobayes et réorienté le logiciel en fonction des retours. Tout cela jusqu’à la première annonce de Yest à la JFTL 2017 pour une sortie de la version 1.0 en septembre 2017.
  • La seconde phase a commencé avec les premiers retours clients. Mon travail est alors devenu de hiérarchiser ces différentes demandes et les évolutions prévues en fonction de différents critères comme la possibilité de généralisation, la valeur pour le plus grand nombre d’utilisateurs possible, le coût.

Depuis la commercialisation de Yest, j’ai une nouvelle activité : le développement de composants spécifiques pour des clients (principalement des publishers, permettant d’exporter les tests conçus dans Yest vers un référentiel de test manuel ou un environnement de test automatisé). Dans le même temps l’activité de consulting a quasiment disparu, Yest étant suffisamment simple à utiliser.

En quoi consiste ton travail d’avant-vente ?

Il y a 2 parties :

  • Une partie classique : présentation au client, démonstration (la prospection est faite par Michel Guez, CEO et directeur commercial), discussions des problématiques sur les projets, explication sur l’utilisation de Yest.
  • La seconde partie est une phase de proof of concept puis de pilote à laquelle je participe. Le client va utiliser Yest dans son contexte, pendant un temps restreint pour un PoC, ou sur un vrai projet sur une durée plus longue pour le pilote. Un pilote fait souvent l’objet d’une première vente de licences sur la durée du pilote.

Quelle est ta vision du Yest de demain ?

De par mes fonctions j’ai une vision sur 2019, au-delà ça ne m’intéresse pas forcément. On travaille principalement sur l’élargissement de l’usage, faciliter le travail collaboratif, augmenter le nombre de projets éligibles à l’utilisation de Yest. Aujourd’hui il y a une restriction dans l’usage de Yest qui implique de travailler sur une partie nouvelle du système à tester. Les développements en cours consistent à reprendre l’existant et l’intégrer dans Yest pour pouvoir le réutiliser (à l’aide notamment de techniques d’Intelligence Artificielle). En prenant un référentiel dans un état quelconque, permettre aux testeurs de se le réapproprier, le nettoyer puis de le réutiliser.

Quelles sont les raisons pour lesquelles tu recommandes Yest ?

  • Le premier aspect est l’aspect productivité (argument auquel les chefs de projet sont très sensibles).
  • La qualité de ce qui est produit avec l’outil
  • La communication entre les testeurs (analystes et automaticiens), entre les membres du projet (testeurs et autres professions)
  • Avoir une documentation vivante du produit, au travers des représentations graphiques, qui permettent de partager la connaissance sur le fonctionnel de l’application

Qu’est-ce que tu apprécies dans Yest ?

  • Sa simplicité d’usage
  • Le fait que cela aide les testeurs à accélérer la cadence avec l’augmentation du rythme des releases
  • Permettre aux testeurs d’être plus amont dans le projet
  • C’est sympa, fun d’utiliser Yest plutôt que de tout faire à la main.
  • On se concentre sur la partie fonctionnelle, la partie « noble » de la conception, par opposition à l’écriture et la correction du texte des tests qui peut être très fastidieuse.

Pourquoi ne plus utiliser le terme MBT mais ATDD ?

On utilise plutôt ATDD visuel ou représentation visuel que MBT pour 2 raisons :

  • Le terme de MBT a été connoté à quelque chose de trop compliqué (cf CertifyIt), on a donc préféré utiliser un vocabulaire différent.
  • De plus avec le MBT, on dessine un modèle qui produit des tests et c’est le seul moyen de réaliser ou modifier les tests. On fabrique le modèle en premier et tout vient ensuite de lui. On représente plus le système tel qu’il devrait être plutôt que des tests. Ce n’est plus du tout ce que l’on fait avec Yest. C’est pour cela que l’on utilise le terme de parcours applicatif.

Envisagez-vous de faire un nouvel outil complémentaire de Yest ?

Dans l’immédiat, non. On se pose par contre la question sur la partie reprise des référentiels de test à l’aide de l’intelligence artificielle. On ne sait pas encore si cette partie sera un produit, une extension, un service.

Yest est donc un outil qui doit pouvoir répondre à l’ensemble des besoins détectés à ce jour ?

Non, je ne dirais pas tout à fait ça. Parmi les besoins détectés certains ont leur place dans les évolutions de Yest. Notre capacité de développement étant limitée, on est obligé de faire des choix. On sait que Yest n’offrira pas forcément une réponse à tous les besoins notamment du fait de cette limitation. En tout cas, Yest doit répondre à tous les besoins de conception de test.

Tu fais le lien entre le commerce et la R&D. Comment se passe cet aspect de ton travail ?

On discute avec les utilisateurs. On voit quels sont leurs besoins. Mon travail est de collecter ces besoins, réfléchir à comment cela peut se concrétiser (la réponse n’est pas forcément exactement ce qui est formulé).

Je traduis alors cela en étape avec la R&D.

La priorisation se fait en partie avec Michel Guez. On a également mis en place un rôle Customer Success Manager (CSM). Nous sommes 3 à avoir ce rôle qui consiste à suivre le client dès la phase POC, à travailler avec lui. A le faire avancer et veiller à sa satisfaction. On travaille sur les prochaines évolutions de Yest à ce niveau. Je discute ensuite des priorités plus quotidiennes avec le PO, qui est également CSM.

D’autres discussions plus stratégiques, à plus long terme, ont également lieu avec Bruno Legeard. La R&D est également associée à toutes ces discussions.

Je tiens à clore ce témoignage en remerciant Arnaud Bouzy et Smartesting pour cet interview. J’en profite pour vous donner des liens pour en savoir plus ou directement contacter Arnaud:

Contact : arnaud.bouzy@smartesting.com

Site web : http://www.smartesting.com

Linkedin : https://www.linkedin.com/company/smartesting/

YouTube : https://www.youtube.com/Smartesting

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