Cette série part de la présentation faite lors du webinaire « Rendre la vie du testeur plus facile«
L’idée est de développer chaque difficulté abordée et de présenter des techniques pour y faire face.

Difficulté: la reconnaissance
Il n’est pas de testeur, à ma connaissance, qui ne se soit pas retrouvé face à cette difficulté avec la nécessité de « prouver » la valeur du test ou de son travail. Cela peut s’expliquer de nombreuses manières mais il est primordial de savoir acquérir cette reconnaissance.
La valeur du test
L’intérêt et l’importance du test sont souvent remis en question. Lorsque l’on doit faire des économies sur un projet c’est souvent le test qui est rogné avant le développement de fonctionnalités. De même, en Agile, le testeur n’est pas toujours inclut par défaut dans les équipes.
Les investissements dans le test
Il y a beaucoup d’investissements qui sont faits afin de mieux connaitre les clients. Beaucoup d’outils spécifiques aux développeurs. Dans le cas des testeurs c’est moins le cas… Il y a encore beaucoup d’équipes qui gèrent leurs tests avec Excel. Alors certes c’est une minorité mais ce que j’observe c’est que les investissements dans les outils de test ne sont pas évidents alors que c’est le cas pour les développement.
L’impact des bugs
L’un des objectifs des tests est de trouver des défauts. Néanmoins trouver un défaut n’est que le commencement. Il faut ensuite être capable de reporter le bug et de bien évaluer son impact afin de savoir si ce dernier sera corrigé ou non.
Raison des difficultés
La valeur du test
La valeur du test est souvent remise en question. La raison principale est selon moi que l’activité du test et de la qualité n’est pas une activité « productrice ».
En effet, un développeur construit un produit à l’aide de son code. Il est assez aisé de concevoir son utilité alors qu’un testeur n’a pas d’activité similaire. De son côté le testeur est là pour aider à atteindre le bon niveau de qualité, détecter (ou prévenir) les défauts afin de pouvoir les corriger lorsque c’est nécessaire.
On ne voit pas sur le résultat final le travail du testeur… Je dirais même plus que dans un cas théorique idéal, le travail du testeur est théoriquement inutile car il n’y aurait rien à détecter, prévenir ou même corriger. Malheureusement nous ne sommes pas dans un monde idéal, l’erreur est humaine et même dans les cas où aucun défaut n’est détecté par les tests (ce qui est souvent le cas grâce à une bonne implémentation du shift left) ces derniers apportent une information précieuse.
De plus, il y a de nombreuses expériences d’échec de mise en place d’outils (comme pour l’automatisation) qui poussent à ne pas réessayer.
Les investissements dans le test
Il y a pour moi plusieurs raisons à cette problématique:
- L’historique: historiquement les testeurs étaient moins professionnalisés et les tests moins industrialisés. Le besoin en investissement était plus faible… Et le fait d’intégrer des testeurs professionnels et même des équipes est déjà un investissement en soi.
- Le métier est encore assez peu connu: ses besoins et sa technicité pas encore bien appréhendé ce qui fait qu’il est compliqué de comprendre les vrais apports de certains outils.
- « Cela fonctionne » assez bien comme ça: dans certains cas c’est vrai ! Néanmoins, même quand cela tourne bien, il peut être intéressant de faire des investissements pour apporter des améliorations de manière continue. De plus, dans certains cas, même quand on entend cette phrase, cela ne fonctionne pas assez bien avec un processus qualité insuffisant.
- Les outils sont choisis en fonction des développeurs: c’est quelque chose de malheureusement trop courant. Les outils des testeurs sont souvent choisis en fonction de l’acceptation des développeurs. Cela explique le succès d’outils de gestion de test qui sont des plugin de JIRA alors que ces derniers sont moins performants (et parfois plus chers) que d’autres outils similaires du marché.
- Le retour sur investissement des outils est difficile à démontrer: la valeur du test est une difficulté à elle seule… Alors la valeur apportée à quelque chose dont la valeur est déjà mise en question est d’autant plus complexe!
L’impact des bugs
On est ici sur un sujet plus technique et qui fait plus partie du quotidien du testeur!
L’impact des bug est complexe à évaluer car il est important, pour ce faire d’être capable d’évaluer les conséquences de sa présence dans le quotidien des utilisateurs. Il faut donc bien connaitre les usages et le produit.
De plus, être capable d’évaluer cet impact est important mais insuffisant. Il faut également réussir à faire passer ce message et l’importance plus ou moins haute de la correction.
Détecter un bug critique et le savoir critique ne sert à rien si on n’arrive pas à convaincre l‘équipe de prendre le temps de le corriger.
Solutions envisageables
La valeur du test
Pour la valeur du test il y a de nombreuses solutions qui peuvent permettre de mettre en lumière cette dernière. Cela passe en général par de « faire savoir ». Voici quelques pratiques qui contribuent à mettre en avant la valeur du test:
- La mise en place d’indicateurs dédiés: les indicateurs sont des mesures. Ces mesures peuvent être nombreuses, il est important de bien identifier celles que l’on veut mettre en avant pour choisir les bons indicateurs.
- Le BDD: le BDD apporte beaucoup en termes de qualité. Cela contribue à montrer la valeur du test, notamment avec un travail collaboratif entre le testeur (QA) et autres rôles mais aussi avec des gains sensibles en termes de retravail.
- Le calcul en amont du ROI: avant d’implémenter un outil ou de l’automatisation il est important d’évaluer son potentiel ROI. Partir sur l’utilisation d’un outil sans se pencher suffisamment sur ses apports concrets et son utilisation résulte souvent dans un échec de sa mise en place et une perte significative de temps et d’argent
- La communication: cela se fait au travers de rapports mais pas uniquement. Il est important de montrer l’apport du test, de parler de son métier, du test et de la qualité autour de soi. Cela contribue à la connaissance du métier et à la reconnaissance globale du test. Partant de ce point de vue il est devenu important pour moi de proposer des articles ou présentation sur la qualité à des événements non liés au test et dans le même temps, proposer dans des événements liés au test et à la qualité des présentations qui s’en éloignent un peu
Les investissements dans le test
Je pense que cette difficulté est principalement liée au fait que la valeur du test ne soit pas totalement reconnue. Il est donc intéressant de bien mettre en avant la valeur (notamment avec des indicateurs de ROI pour les investissements) le test et la qualité pour réussir à avoir plus d’investissements.
L’argent n’étant pas illimité, si des investissements sont faits dans le test c’est généralement qu’ils ne seront pas fait ailleurs. Il faut donc réussir à « prioriser » certains investissements dans le test.
L’impact des bugs
Pour la partie d’évaluation de l’impact:
- L’ATDD et le BDD sont des pratiques qui aident à connaitre les scénarios pensés pour les utilisateurs. Cela permet alors de mieux évaluer un potentiel impact
- Les tests exploratoires: afin de s’approprier le produit
- Une bonne documentation: qui permet de bien comprendre le produit et d’évaluer les parcours impactés par un bug
- Analyser les parcours en production: de nouveaux outils comme Gravity permettent de connaitre le comportement des utilisateurs, sinon, il est toujours possible de faire des questionnaires
Pour la partie convaincre l’équipe l’idéal est de faire une fiche de bug suffisamment claire pour que tout le monde comprenne l’impact et soit en mesure de le reproduire pour pouvoir le corriger.
Conclusion
La reconnaissance est une difficulté du test qui existe depuis le début des développements. Je peux néanmoins observer depuis que je travaille que cette dernière augmente, que le test est de plus en plus reconnu pour ses apports et les testeurs de plus en plus considérés comme des professionnels spécialistes de la qualité. Cela va dans le bon sens mais il faut continuer à avancer sur ce sujet.
Cela passe par du temps, de la communication et bien sûr beaucoup de travail individuel et collectif
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