La taverne du testeur

L’eco-index de la taverne!

L’eco-index en bref

J’ai publié récemment un article sur le diagnostic d’éco-conception basé sur le RGESN de la taverne.

L’aspect environnement de l’éco-conception est particulièrement important. Néanmoins, comme pour toute conception, il y a des manques. Parmis ces manques le premier qui me vient à l’esprit est que l’on n’a pas de vision concrète de l’impact de notre service numérique après un diagnostic NumEcodiag.

Afin de répondre à cette question on m’a conseillé de faire l’eco-index de la taverne.

Le principe de l’eco-index est assez simple: mesurer l’impact de la consommation de notre service numérique… et dans ce cas de notre site web.

Ces mesures se font spécifiquement sur une page du site et se base sur 3 critères:

  • Le poids de la page: qui mesure le volume de données à télécharger pour pouvoir l’afficher. Plus des données sont importantes plus cela nécessite des ressources
  • La complexité de la page: qui mesure la complexité de sa structure (le DOM). Plus cette dernière est complexe plus il est compliqué pour le navigateur de la lire… et plus le matériel s’épuise (en consommant plus de ressources).
  • Le nombre de requêtes: qui mesure le nombre d’appels fait à des serveurs et donc un niveau de sollicitation et une évaluation du nombre de serveurs à intégrer.

Sur la base de ces 3 critères, une évaluation de la consommation en eau et d’émission du service est proposée.

A noter: les conditions de cette évaluation prennent des hypothèses qui peuvent fortement influer comme:

  • L’utilisation du site avec du Wi-fi ADSL qui consomme jusqu’à 23 fois moins qu’une connexion 4G et jusqu’à 3 fois plus que de la fibre
  • La limitation à l’analyse unique de la page renseignée
  • Pas de gestion du cache (ouverture avec un chrome headless)

Tout cela est expliqué de manière transparente sur le site.

L’eco-index de la taverne

Pour la taverne les résultats sont, comme pour le RGESN, assez moyens:

La page d’accueil de la taverne obtient une note de 48/100 ce qui donne un « D ».

Quand on va dans les détails de la note on obtient ceci:

  1. La page est trop lourde: il devrait être possible d’alléger la page avec des images moins lourdes comme les images de présentation des articles
  2. La complexité: c’est le gros point faible… 831 éléments! Je pense que cela peut être du au fait que la page d’accueil contient tous les articles (et je ne sais pas si ces éléments sont préchargés). Il y a aussi tous les mots clés, les sponsors, les différentes pages, les liens vers les auteurs pour chaque article… Bref il y a de la marge de progression
  3. Le nombre de requêtes: c’est pour moi l’axe le moins important sur lequel travailler car le plus proche de l’objectif proposé.

Ces éléments mènent à une consommation, pour 1000 affichages de la page d’accueil (5726 en mars), de:

  • 30,6L d’eau soit 175L en mars! C’est environ 3 à 5 douches 😮
  • 2,04 kg de CO2 soit 11,7 kg de CO2 en mars!

Je tiens également à rappeler que ces chiffres partent sur l’hypothèse de l’utilisation de Wi-fi ADSL. Il y a de fortes chances qu’une part très importante (que j’estime aux alentours d’au moins 30%) soient faites en 4G… ce qui détériorerait les résultats en augmentant la consommation.

Comme je le disais en première partie, l’analyse se fait uniquement sur une page en particulier. J’ai donc fait le même exercice sur la page les plus lus! Les résultats et l’impact général sont assez proches avec une note de 49/100 et une consommation quasi identique: 30,3L d’eau et 2,02 kg de CO2 pour 1000 affichages.

Néanmoins, en allant plus en détail on voit qu’il y a quand même pas mal de différences au niveau des 3 critères mesurés:

  1. Le poids de la page est bien moins important (moins d’images)
  2. La complexité est beaucoup plus faible (moins d’éléments)
  3. Le nombre de requêtes est beaucoup plus important. Cela est sûrement du au fait qu’il y a beaucoup de liens vers des articles de la taverne.

Bref le « point fort » de la page d’accueil et le « point faible » de la page les plus lus.

Conclusion

La taverne est loin d’être le site avec le plus grand impact environnemental. Néanmoins cet exercice, que je conseille à tout le monde car il est très rapide et instructif, met en lumière des problématiques du site et offre de nombreuses pistes de réflexion qui seront à prendre compte lorsque le site sera retravaillé.

De même, il sera primordial de travailler sur l’ensemble des pages… et tenter d’optimiser chacune d’elles… qui n’ont pas les mêmes axes d’amélioration.

Enfin, même si les mesures sont différentes et que l’axe de réflexion est différent, il me semble important de signaler que l’eco-index et le NumEcodiag de la taverne sont assez proches. Ils sont tous les 2 moyens et la conséquence de la non prise en compte des critères environnementaux lors de la création de la taverne. C’est d’ailleurs pour moi le point clé. Il n’est pas possible de faire des services numériques efficient d’un point de vue environnemental si on ne prend pas en compte ces éléments lors de leur création.

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