La taverne du testeur

Image présentant les thématiques du RGESN

Présentation du RGESN 2024: la stratégie (1/9)

J’ai commencé une série sur le RGESN il y a quelques mois. Quelques mois qui ont suffit à rendre obsolète la série qui devait compter 8 articles avant même la parution de son 2ème article…

Je vous propose donc un « reboot » de cette série!

Si vous voulez connaître les différences entre l’ancienne version et la nouvelle de 2024, je les ai présenté dans cet article.

Introduction

Le RGESN, pour Référentiel Général d’Écoconception des Services Numériques, est comme son nom l’indique un référentiel qui a pour but de s’assurer une conception des logiciels (et même plus largement de tous les services numériques) qui prend en compte les impacts environnementaux ainsi que des actions pour les limiter autant que possible!

Ce référentiel, comme pour le RGAA ou le WCAG pour l’accessibilité, définit un certain nombre de critères (79) qui doivent être couverts. Ces critères sont actuellement répartis en 9 thématiques (+1):

  • La stratégie – 10 critères (-2)
  • Les spécifications – 10 critères (+5)
  • L’architecture – 7 critères (+1)
  • UX/UI – 15 critères (-4)
  • Contenus – 8 critères (-1)
  • Frontend- 7 critères (-4)
  • Backend – 4 critères (-1)
  • Hébergement – 10 critères (-2)
  • Algorithmie – 7 critères (nouveau)

Dans cette nouvelle version chaque critère se voit attribuer une priorité ce qui permet de faire, comme dans le WCAG, une hiérarchie dans la mise en place de ces critères mais aussi une nouvelle couverture basée sur l’importance de ces critères.

Image présentant les thématiques du RGESN

La stratégie

Lorsque l’on se penche sur le RGESN, la thématique de la « stratégie » est la première que l’on rencontre. Ce n’est pas surprenant car la stratégie liée à l’écoconception est, comme pour une stratégie de test, une pierre angulaire et une base qui va permettre d’avancer sur l’ensemble des autres sujets.

En bref, la thématique « Stratégie » dans le RGESN c’est la prise en compte des différents impacts écologiques du service numérique dans sa globalité.

Les critères de la thématique « stratégie » du RGESN sont:

  • Le service numérique a-t-il été évalué favorablement en termes d’utilité en tenant compte de ses impacts environnementaux ? (inchangé)

Ce critère remonte 2 points essentiels. Le premier c’est qu’il est essentiel quand on travaille sur un service numérique étudier son impact environnemental. Le second c’est s’assurer que les impacts environnementaux négatifs sont inférieurs aux impacts environnementaux positifs… ou tout du moins que ces impacts négatifs sont acceptables en comparaisons des autres impacts positifs.

  • Le service numérique a-t-il défini les besoins métiers et les attentes réelles des utilisateurs cibles ?

Très lié au point précédent. Il est important de connaitre quels sont les besoins et attentes des futurs utilisateurs. Là encore pour proposer des fonctionnalités avec une vraie valeur ajoutée.

Cela sonne Agile mais comme j’en ai parlé lors de cette conférence, un vrai état d’esprit Agile est en synergie avec une qualité durable.

  • Le service numérique a-t-il au moins un référent identifié en écoconception numérique ?

Le domaine de l’écoconception est complexe. Il est fréquent de se poser des questions ou de ne pas savoir comment implémenter certains éléments. Il est nécessaire, dans ce cas, de savoir vers qui se tourner. C’est le rôle du référent. De même ce dernier s’assure de la bonne mise en place des pratiques et peut accompagner les équipes.

  • Le service numérique s’est-il fixé des objectifs en matière de réduction ou de limitation de ses propres impacts environnementaux ?

Avoir des indicateurs c’est bien. Ces derniers ne doivent pas rester « inutiles ». La mise en place de ces indicateurs doit s’accompagner d’objectifs comme la réduction des impacts du service ou de sa consommation.

  • Le service numérique réalise-t-il régulièrement des revues pour s’assurer du respect de la réduction ou de la limitation de ses impacts environnementaux ?

Les revues ont plusieurs avantages. Parmi ceux-ci il y a la possibilité de détecter très tôt des écarts et la création d’échanges entre différents acteurs. Il est important de se servir de cet outil pour aborder des sujets comme les impacts environnementaux.

  • Le service numérique collecte-t-il la donnée de façon responsable et raisonnée ? (nouveau)

La donnée est une ressource importante pour de nombreux services numériques. Néanmoins, cette donnée, peut très rapidement atteindre des volumes conséquents ou poser des problèmes liés à la confidentialité. Il est important qu’un service numérique identifie bien ses besoins pour ne pas « trop » stocker de données.

  • Le service numérique a-t-il recours à un niveau de chiffrement adapté à ses besoins ? (nouveau)

Les Services Numériques ont souvent accès à données privées. Ces dernières doivent être justement protégées. Il est essentiel de connaitre les données stockées et de proposer le bon niveau de sécurité par rapport à leur sensibilité.

  • Le service numérique a-t-il mis en place des efforts d’open source ? (nouveau)

L’open source est de manière générale plus maintenable et donc plus durable que des environnements et des langages « fermés ». Par ailleurs, l’utilisation de l’Open source permet des améliorations mais aussi une indépendance qui évitent de se retrouver forcé à consommer plus ou tout refaire.

  • Le service numérique a-t-il été conçu avec des technologies standard interopérables plutôt que des technologies spécifiques et fermées ?

Les technologies standard et interopérables sont plus pérenne dans le sens où elles ne rendent pas les utilisateurs captifs et dépendant du bon vouloir des propriétaires des technologies spécifiques et fermées.

  • Le service numérique repose-t-il sur des API documentées et ouvertes pour interagir avec le matériel ? (nouveau)

Les services numériques isolés n’existent quasiment plus. Nous évoluons dans un éco-système de services numériques interconnectés. Ces interactions se font généralement par des APIs. Il est donc nécessaire de les documenter.

Conclusion

Le RGESN est un référentiel qui est pour moi essentiel. Comme tout sujet récent il peut être compliqué de se l’approprier, d’autant plus qu’il est constitué de 9 thématiques et de 78 critères.

Parmi ces critères, le plus simple à comprendre est probablement la « stratégie ». C’est également, de mon point de vue, le premier sur lequel se pencher car il se doit de devenir la locomotive de la politique d’écoconception du service numérique.

Pensez à rejoindre le groupe « Le métier du test » si vous souhaitez échanger sur le test

Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles

N’hésitez pas à faire vos propres retours d’expérience en commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Agilité

Les Tests Exploratoires, Une obligation dans l’agilité ??

Introduction : Les Tests Exploratoires sont devenus un incontournable des méthodes Agiles pour plusieurs raisons : C’est une méthode complémentaires aux Tests classiques, qui ne perturbe donc pas le déroulement d’un ‘Sprint’ ; Elle correspond aux principes agiles car elle ne demande pas une spécification lourde des Tests, en cela elle favorise le

Lire la suite »
Agilité

ATDD et BDD, quelle différence ?

On parle beaucoup d’ATDD (Acceptance Test Driven Development) et de BDD (Behaviour Driven Development) lorsque l’on parle de test et d’agilité. De manière générale le BDD et l’ATDD sont souvent confondus. Cette confusion n’est pas étonnante tant ces méthodes prônent certains principes similaires. Les principes encouragés par ces méthodes sont

Lire la suite »