J’ai de la chance…

On m’a récemment fait un très joli compliment…Qui m’a fait réfléchir! Ce compliment n’était pas « j’adore tes articles » ou « tu es un bon pédagogue » ou même « Tu es une figure du test en France ». Non, bien que j’ai eu le plaisir d’entendre ou lire ces compliments ces derniers ne m’ont pas fait autant réfléchir que celui-ci: « J’ai de la chance de travailler avec toi ».

Pour être honnête, je ne savais quoi répondre. Contrairement à d’autres compliments où je réponds un simple merci, je trouvais qu’ici ce merci n’était pas adapté… Et il m’a fallu réfléchir pour savoir pourquoi je ne savais pas quoi répondre.

Est-ce que je mérite ce compliment ?

La première étape a été de me poser cette question: La personne a-t-elle réellement de la chance de travailler avec moi ?

En y réfléchissant je me suis dit:

  • Le monde du test n’est pas très grand, les probabilités de travailler avec moi ne sont finalement pas si petite (oui, je sais ce n’est pas un argument particulièrement pertinent ^^)
  • Les échanges sont fructueux autant grâce à moi qu’à la personne qui travaille avec moi, à son état d’esprit et son envie d’apprendre
  • J’ai rencontré de nombreuses personnes qui m’ont beaucoup appris Qui m’ont partagé leur savoir, m’ont aidé à grandir et m’ont encouragé. Au final moi ou quelqu’un comme un de mes mentor, le résultat aurait sûrement été le même.

Au regard de ceci je n’ai peut être pas mérité autant que cela ce compliment.

De manière général suis-je également chanceux ?

De même, de ce dernier point j’ai repensé à mon parcours et à mes erreurs. Au final si on analyse tout cela j’ai eu beaucoup de chance:

  • J’ai la chance d’être né dans une famille qui n’a pas souffert de la pauvreté et qui m’a poussé dans mes études
  • Après avoir raté ma première année de prépa j’ai été accueilli à la prépa de Chartres car elle manquait d’étudiants. Cela m’a permis de continuer mon parcours scolaire en classe préparatoire => énormément de chance
  • J’ai eu la chance de découvrir le test lors de mon stage de fin d’études. Sans ce stage je ne serai peut être jamais devenu testeur.
  • J’ai eu la chance de trouver rapidement un second travail après une expérience infructueuse. Cette seconde expérience, chez Orange m’a énormément apportée!
  • J’ai eu la chance d’être entouré d’une super test manager chez Orange mais aussi d’une super équipe de test, des développeurs, des analystes métiers et de chefs de projets. J’ai énormément appris à leurs côtés
  • J’ai eu la chance de trouver rapidement du travail lorsque j’en cherchais
  • J’ai eu la chance de rencontrer des personnes passionnées qui m’ont partagé leurs expériences, m’ont guidées et m’ont fait confiance.
  • J’ai eu la chance de rentrer chez Altran et échanger avec les bonnes personnes pour avoir des opportunités
  • J’ai eu la chance que mes articles soient vu, partagés et appréciés… Mais aussi qu’au moment où j’ai commencé à les écrire il n’y avait pas beaucoup de « concurrence ». Bref j’ai eu a chance d’être un des premiers sur ce marché…

Je pourrais continuer cette liste pendant encore très longtemps. Il semble donc que je suis très chanceux.

Est-ce vraiment de la chance ?

Sur un point en particulier, je ne peux nier que c’est de la chance à l’état pur. Je n’ai pas choisi où j’allais naître ni la situation sociale de mes parents.

Pour toutes les autres expériences je peux par contre fortement nuancer cette « chance ». Si les exemples n’étaient pas si nombreux je pourrais penser le contraire… Mais les faits semblent inflexibles, il n’y a pas une expérience où je n’ai pas eu de chance! Même dans les cas où j’ai faits de grosses erreurs, dans les cas où je ne m’épanouissaient pas forcément j’ai finalement eu de la chance!

Si l’on prend l’exemple des études. Mon échec en première année de prépa n’a pas signifié la fin d’un cycle ou d’un parcours scolaire « exemplaire ». Non, cet échec m’a poussé à chercher des solutions pour continuer. J’ai alors été aidé par mon professeur de Maths qui m’a parlé de la classe préparatoire de Chartres. Au final c’est cette main tendue qui m’a permis de continuer ces études… mais cette main m’a été en partie tendue « grâce » à mon attitude positive.

Cette attitude, positive, cette attitude curieuse, cette envie d’apprendre, cette envie de s’améliorer… Bref, ce que l’on appelle les « compétences molles » (ou soft skills) sont en fait le pilier sur lequel je me suis apuyé et continue de m’appuyer pour avoir de la chance. Ce n’est pas pour rien que j’écris et répète à l’envie que le plus important pour être un bon testeur c’est état d’esprit et les compétences molles!

Conclusion

Oui, la chance joue un grand rôle dans notre vie de tous les jours. Néanmoins comme on entend souvent dire, la chance ça se force! Il n’existe pas de formules miracles ou de chemins pré-établis. Si j’avais eu d’autres expériences mon parcours aurait été totalement différent. Néanmoins, je suis persuadé que je serai arrivé à un endroit où, comme maintenant, je suis heureux professionnellement. Je ne serai évidemment pas là où je suis mais cela ne m’empêcherai pas d’être épanoui et me considérer comme chanceux.

Si je devais résumer, je dirais que la chance c’est un peu comme le talent. C’est très utile mais pas suffisant pour réussir. Pour mettre en avant son talent/potentiel il faut travailler. Pour mettre à profit sa chance il faut savoir saisir les opportunités et savoir tirer partie de situations qui s’avèreront, à terme, nous avoir offert une chance.

Au final, ce que j’aurai du répondre à ce beau compliment (« J’ai de la chance de travailler avec toi ») c’est évidemment « merci » mais aussi que cette chance cette personne se l’est créée par son attitude et son travail… Cette chance, elle l’a doit en grande partie à elle même!

A noter: vous remarquerez qu’il y a un point sur lequel la chance a beaucoup joué et qu’il est impossible de « forer », c’est la naissance. Autant pour beaucoup de point je suis persuadé que j’aurai trouvé une solution, autant pour la naissance je ne suis pas sûr que j’aurai réussi en naissant autre part.

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Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles

N’hésitez pas à faire vos propres retours d’expérience en commentaire.

Publié par

2 commentaires sur « J’ai de la chance… »

  1. Salut Marc. Je suis globalement d’accord avec toi et je pense sincèrement que les gens qui peuvent travailler avec toi à ce jour, vu ton état d’esprit et ta motivation ont de la chance. Là où j’ai envie de nuancer tes propos, c’est plutôt concernant le fait que la chance, ça se force et que tu serais tout aussi épanoui si tu avais choisi un chemin différent. Pour moi, rien n’est moins sur, surtout quand je compare ton parcours avec le mien.
    Tout comme toi, je viens d’une famille qui m’a poussé dans mes études, et j’ai eu la chance après une première licence (de statistiques) qui ne m’a jamais plu, de pouvoir continuer dans une licence d’informatique (merci maman, sinon je finissais dans une hotline), suivi d’un master pour devenir ingénieur étude et développement…. pendant la crise de 2008… Après un stage dans une entreprise qui promettait à tous ses stagiaires une embauche, finalement parmi les 10, seul 1 a pu être pris et pour des raisons que je ne préfère même pas évoquer… Et pendant mon stage de 6 mois, mon tuteur a réussi à se retrouver à l’hôpital et j’ai été placé en roue libre sans encadrement.
    Et là, ça continue, après une tonne d’entretien après lesquels j’ai finalement la « chance » de pouvoir travailler chez Altran avec des commerciaux requins qui m’ont proposé un salaire en dessous du minimum légal Syntec, mais les postes étant des plus compliqués à trouver, j’ai du baisser mon pantalon… Après avoir cherché à bousiller la direction que je souhaitais donner à ma carrière, je décide de partir vers une SSII à taille réduite en me disant que je ne retrouverai plus cette ambiance malsaine que j’ai pu avoir en étant chez Altran.
    Bref, c’est parti pour un nouveau poste où…. je me retrouve basculé d’un client à un autre sans jamais réussir à avoir des attaches avec les salariés de ma société (je ne les voyais jamais) ou avec les salariés de mes clients (les postes n’étaient jamais assez longs malheureusement). Je me retrouve basculé chez des clients avec des managers aux pratiques douteuses et démotivantes. Ces personnes n’étant même pas capable de comprendre le métier que je pouvais faire, et je me retrouve même avec une manager qui a réussi à transformer un de mes succès en échecs cuisant alors que j’étais la seule personne à avoir réussi à faire avancer un projet dont personne ne voulait. Je me fais éjecter et je me dis qu’au final, malgré le nombre de fois où j’ai averti ma SSII, finalement je n’étais pas pris en considération et décide de bouger une fois de plus.
    Cette fois ci, vers un client final où j’aurais mes attaches. J’y arrive, pour une petite société. Et après 5 ans à travailler pour eux, je me dis qu’au final, toutes ces expériences ont réussi à me dégouter de mon métier. Cette fois-ci, j’ai le droit à un directeur technique qui n’y connait ABSOLUMENT RIEN au métier de l’informatique et qui ne sait pas manager ses équipes (la moitié des salariés de l’équipe a réussi à avoir des problèmes graves avec lui). Pas de gestion de projet, un business complètement massacré par les envies des équipes commerciales, certaines mentalités complètement toxiques, …
    Bref, je pense que tu as eu de la chance.
    Est-ce que j’ai eu si peu de chance que ça avec mon pavé ? Bien sur que non.
    Pendant ces 13 années d’expériences, j’ai pu voir et profiter du savoir de nombreuses personnes. J’ai pu l’appliquer, constater ce qui marche, ne marche pas et avoir un recul assez fort sur certaines choses. Avec Altran, j’ai trouvé ce que je souhaitais faire, j’ai appris à me défendre contre les gens qui veulent profiter grassement de toi, à passer des entretiens, et j’ai pu travailler avec un chef de projet discret, mais terriblement professionnel. Ma second expérience m’a permis de savoir que j’étais capable de m’adapter à de nombreux clients et technologies, je suis également tombés sur une équipe de développeurs qui ont fortement influencé mes capacités actuelles et j’ai eu un chance de dingue à les avoir rencontrés.
    Pour ma dernière expérience, j’ai eu la chance qu’on m’ait laissé changé de poste et qu’on m’ait écouté par rapport à la vision que j’avais concernant le test. J’ai été développeur pendant 10 années et j’ai pu monter mon équipe de test et devenir automaticien, je gère également le « planning » de mon équipe.
    Malgré tout, j’ai le sentiment d’avoir du trop bataillé, trop me justifier, et aujourd’hui, les gens avec qui j’ai « travaillé » m’ont rincé. Certaines personnes arrivent à te dégoutter malgré toute ta bonne volonté. A chaque fois, j’ai réussi à me demander comment des gens aussi incompétent ont pu être placés aussi haut en hiérarchie malgré leurs échecs.
    Aujourd’hui, je vise une reconversion, je sais que je suis capable de faire maintenant de bonnes choses dans le monde informatique, mais je pense qu’il y a trop d’immaturité autour de moi pour me donner envie de poursuivre cette aventure.
    La chance joue énormément, profite un maximum de cet état d’esprit si ton entourage professionnel de permet d’en jouir comme tu sembles le faire à ce jour ! 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ce retour.
      En effet, les parcours ne sont pas tous les mêmes et pas tous aussi facile. :s
      Néanmoins, je crois percevoir qu’au final, les efforts ont payé et que la situation est maintenant bien meilleure.

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