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Et si on se servait de l’IA autrement

L’IA n’augmente pas automatiquement la productivité

Environ 1 mois avant que j’écrive ces lignes je suis tombé sur un article de Jérôme Beaumont qui parlait d’IA.

Contrairement à beaucoup d’articles qui promettent monts et merveilles Jérôme évoque la difficulté à gagner en productivité avec l’IA.

Le principe est simple… Mais (moi le premier) on n’y pense pas forcément. Avoir une rupture technologique (ou de processus) n’engendre pas automatiquement des gains de productivité. Pour avoir un gain de productivité il est nécessaire de changer de manière de penser et s’adapter aux possibilités du nouvel outil à notre disposition.

IA ou non, il est nécessaire de se sortir de ses habitudes si l’on veut gagner en productivité avec une nouvelle technologie

Lorsque l’on y pense. Les promesses de l’IA sont assez proches de celle de l’automatisation. Depuis que j’ai commencé à travailler (15 ans) j’entends parler de l’automatisation qui doit remplacer l’exécution manuelle des testeurs et de gagner en productivité.

Il existe évidemment des retours d’expériences l’automatisation apporte une énorme plus-value… Mais ces retours concernent généralement soit:

  • des outils développés de 0
  • des équipes agiles
  • des équipes qui ont fait un travail en amont sur les objectifs de l’automatisation pour identifier quoi faire et comment

Dans tous les cas, on est sur une rupture dans l’exécution des tests mais aussi et surtout une rupture dans la manière de travailler et l’état d’esprit. Les équipes ayant réussi l’automatisation ont changer leurs manières de travailler et se sont adaptées à l’automatisation!

Si on réfléchit au delà du test, on a la même problématique avec l’Agile. Beaucoup d’organisation tentent de faire de l’Agile mais n’y arrivent pas totalement car les réflexes des méthodes traditionnelles (comme le cycle en V) restent ancrées. Une transformation Agile réussie est une transformation d’état d’esprit.

On peut alors se demander, que faire pour rendre concrètes les promesses de l’IA ?

Penser différemment pour atteindre le maximum du potentiel de l’IA

Vous l’aurez compris, intégrer l’IA pour « remplacer » directement des activités humaines n’est pas une solution efficace. La raison est simple, les activités humaines à « remplacer » trouvent leurs places dans des processus pensés pour des humains sans cet outil.

Afin d’avoir de vrais gains avec l’IA il faut se demander:

Qu’est-ce que l’IA peut faire et pas moi ?

Ce que l’on fait déjà et que l’on devrait développer

Les réponses sont très nombreuses… Et on a déjà de beaux retours d’expériences qui donnent des pistes. Je pense notamment aux « 4ème amigo » où l’IA permet de faire une revue de ses User Storys, à la refonte de tests automatisés ou encore, comme pour l’automatisation des tests, augmenter la couverture de tests en exécutant des tests (avec un agent IA).

On a ici deux contributions majeures que peut proposer l’IA:

  1. Améliorer notre travail en proposant une revue et des améliorations
  2. Augmenter notre travail en nous permettant de faire plus.

Dans ces 2 cas il y a de nombreuses pistes où l’IA beaucoup apporter.

Je suis particulièrement friand de la première catégorie. L’IA peut nous permettre d’avoir un retour rapide et de nous faire des propositions d’amélioration. C’est ni plus ni moins, qu’une revue par un tiers! Ensuite, libre à nous de prendre en compte ou non ces retours. Dans tous les cas l’IA nous propose un point de vue différent et cela permet, en plus d’améliorer notre livrable, de gagner en expérience et de s’améliorer dans son travail.

Pour la seconde, c’est le principe de l’automatisation d’activité. C’est toujours intéressant… Mais il ne faut pas oublier qu’il y a déjà pas mal d’outils sur le sujet donc l’IA est, sur ce sujet, en concurrence avec beaucoup d’autres outils.

Ce que l’on doit creuser… Et qui apporte le plus de valeur

Si l’on veut vraiment avoir de gros gains avec l’IA il est pour moi essentiel d’aller plus loin qu’une simple aide. Il faut demander à l’IA de nous permette de faire ce que l’on n’arrive pas à faire (par manque de connaissances, de ressources ou de compétences).

Un des points sur lequel l’IA est largement au dessus de l’homme c’est sa capacité à ingurgiter des masses de données. Il faut se servir de cette capacité pour faire des choses qui ne sont pas à notre portée.

Dans les cas d’usages précédents, l’IA nous apporte de la valeur de par une amélioration de pratiques et une potentielle accélération. Dans les usages dont je parle l’IA ouvre de nouvelles voies! Elle élargit le champ du possible… Ce qui, à mon sens a beaucoup plus de valeurs.

Voici quelques cas d’usage où l’IA pourrait apporter avec ce point de vue:

  • Faire la documentation de logiciels où l’on a perdu la connaissance
  • Faire une refonte totale d’un logiciel que l’on n’ose plus toucher par peur des régressions (ou passer à un langage plus récent)
  • Améliorer la consommation de ressources d’un service numérique (j’ai lu un REX de Tristan Nitot qui parlait de ce sujet)
  • Mettre à niveau le service numérique d’un point de vue accessibilité
  • Retravailler la bibliothèque de test et cartographier les bugs…

Au final on est, comme sur le point 1 de la partie précédente, sur une amélioration. La différence ici c’est le le but n’est pas d’améliorer un livrable où un travail ponctuel mais bien l’existant!

Conclusion

Si l’on veut une IA utile il faut l’envisager avec un œil nouveau! Un œil où le ne perçoit pas l’IA comme un moyen de remplacer l’humain mais plutôt comme un moyen de l’améliorer et lui permettre de réaliser ce qui est, sans l’IA hors de portée.

En reprenant l’image de Steve Jobs qui voyait l’ordinateur comme une bicyclette pour l’esprit, je pense qu’il faut voir l’IA comme cela. Avec un vélo on peut aller plus vite et plus loin en améliorant notre vitesse… Mais le vélo nous permet aussi de faire 200km dans la journée (avec une bonne maitrise), transporter des charges (ex: 20 kg de courses) sur de grandes distances (10 km) que l’on ne pourrait pas transporter à pied ou même faire de la rééducation après une blessure ! Avec l’IA on doit pouvoir faire pareil dans l’industrie du numérique !

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