Image présentant les thématiques du RGESN

Présentation du RGESN 2024: UX/UI (4/9)

Le RGESN, Référentiel Général d’Ecoconception des Services Numériques, est un référentiel qui a pour but de s’assurer une conception des services numériques. Il est, à l’heure actuelle, divisé en 9 thématiques :

Image présentant les thématiques du RGESN

Dans cet article je vais me concentrer sur la thématique UX/UI. Les autres thématiques ont fait ou feront l’objet d’articles dédiés.

UX/UI

On l’oublie souvent mais l’expérience utilisateur et la capacité à faire des interfaces graphiques a un fort impact sur l’adoption d’un service numérique. L’UX/UI a un lien direct avec la perception de la qualité et la performance (dans le sens du temps nécessaire pour effectuer des actions) de ce service.

Avoir une UX/UI de qualité ne se fait pas facilement et doit se penser en amont. Le terme qualité inclut ici évidemment les aspects environnementaux.

Le but de la thématique UX/UI, celle qui contient le plus de paramètres, c’est de s’assurer la prise en compte des différents impacts environnementaux du service numérique à travers son utilisation quotidienne.

Pour cela le RGESN a identifié 15 critères:

  • Le service numérique comporte-t-il uniquement des animations, vidéos et sons dont la lecture automatique est désactivée ?

On est ici sur une idée de sobriété et surtout d’utilité. Il est intéressant d’utiliser des animations ou vidéos… A conditions qu’elles soient vraiment regardées!

  • Le service numérique affiche-t-il uniquement des contenus sans défilement infini ?

Le défilement infini engendre des chargements potentiellement infinis pour une utilisation infime. Il faut, de préférence s’assurer que les téléchargements faits soient utiles.

  • Le service numérique limite-t-il le recours aux notifications, tout en laissant la possibilité à l’utilisateur de les désactiver ?

la multiplication des notifications a un impact négatif qui va au-delà du simple dérangement de l’utilisateur! C’est aussi beaucoup d’énergies dépensées pour rien. Chaque notification soit avoir un intérêt. L’intérêt variant selon les utilisateurs, ces derniers doivent pouvoir désactiver celles qu’ils souhaitent ne pas recevoir.

  • Le service numérique optimise-t-il le parcours de navigation pour chaque fonctionnalité principale ?

L’impact environnemental dépend de très nombreuses variables. Parmi celles-ci il y a la consommation réseau (requêtes, volumes de données téléchargées..), le temps d’utilisation du backend et le temps passé sur les terminaux qui consomment de l’énergie. Une optimisation des parcours de navigation permettent d’influer sur ces 3 variables.

  • Le service numérique permet-il à l’utilisateur de décider de l’activation d’un service tiers ?

On est sur la même logique que les notifications à l’exception que certains services numériques ne sont pas du tout utilisable sans service tiers.

  • Le service numérique utilise-t-il uniquement du contenu vidéo, audio et animé porteur d’informations ?

L’audio consomme plus que du texte. Une vidéo consomme plus qu’une image qui comme plus que du texte. L’utilisation de vidéo, d’image et d’audio doit avoir un intérêt, on doit pouvoir challenger l’intérêt de leur présence.

  • Le service numérique indique-t-il à l’utilisateur que l’utilisation d’une fonctionnalité a des impacts environnementaux importants ?

L’idée ici est d’informer les utilisateurs de potentiels impacts afin de leur permettre de limiter leur utilisation à un strict nécessaire.

  • Le service numérique évite-t-il le recours à des dark patterns dans son interface utilisateur ?

Ce critère est autant sur l’aspect « humain » que sur l’aspect environnemental. Il aborde les techniques de surutilisation d’un service numérique (ou une surconsommation) à travers des biais cognitifs qui sont évidemment à éviter.

  • Le service numérique fournit-il à l’utilisateur un moyen de contrôle sur ses usages afin de suivre et de réduire les impacts environnementaux associés ?

Le sujet est ici l’information des utilisateurs. L’objectif est de fournir un outil de mesure afin de permettre aux utilisateurs de réaliser l’impact réel de leur utilisation.

  • Le service numérique utilise-t-il majoritairement des composants fonctionnels natifs du système d’exploitation, du navigateur ou du langage utilisé ?

Il est préférable d’éviter les ajouts externes afin de s’assurer une maintenabilité plus aisée mais aussi d’éviter de potentiels problèmes de compatibilité.

  • Le service numérique opte-t-il pour les choix les plus sobres entre le texte, l’image l’audio ou la vidéo, selon les besoins utilisateurs ?

L’idée est d’optimiser l’énergie et s’assurer du réel intérêt de chaque image ou vidéo: éviter les images qui ne comporte que du texte (ex: une image contenant uniquement un numéro de téléphone), les vidéos pouvant être résumée en 1 image. Autre éléments à prendre en compte: la qualité! Pas besoin de 4K sur un téléphone, pas besoin d’une qualité de son exceptionnelle pour une sonnerie de téléphone!

  • Le service numérique limite-t-il le nombre des polices de caractères téléchargées ?

Même logique que pour le critère sur les composants natifs du système.

  • Le service numérique limite-t-il les requêtes serveur lors de la saisie utilisateur ?

La multiplication des requêtes consomme du réseau. L’idée est donc de les utiliser efficacement.

  • Le service numérique informe-t-il l’utilisateur du format de saisie attendu, en évitant les requêtes serveurs inutiles pour la soumission d’un formulaire ?

L’objectif ici est d’éviter les erreurs entrainant la nécessité de refaire des démarches commet des uplaod d’images ou de document. Cela entraine une perte de temps et d’énergie.

  • Le service numérique informe-t-il l’utilisateur, avant le transfert, des poids et formats de fichier attendus ?

Même logique que le critère précédent.

Conclusion

La thématique UX/UI comporte beaucoup de critères (15). Certains pourraient, à mon sens, être mutualisés afin d’avoir un nombre de critère plus proches des autres thématiques. Il me semble cependant important de se dire que l’UX/UI se base sur un principe de sobriété et de performance utilisateur en proposant des expériences qui se veulent rapides et épurées. C’est bon pour l’utilisateur et pour l’environnement mais cela doit être pensé lors de la phase de conception!

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