La taverne du testeur

Le numérique: de solution à problème pour l’environnement

Les services numériques: une solution aux problèmes écologiques ?

Lorsque l’on parle écologie et développement durable on nous répond souvent technologie!

A travers la technologie on pense très souvent service numérique et logiciel:

  • Un problème avec la consommation de papier ? On numérise!
  • Un problème avec l’abus d’antibiotiques dans les élevages ? On ajoute des puces RFID au bétail pour ne soigner que les bêtes qui en on besoin!
  • Un problème avec l’utilisation massive des pesticides ? On envoie des drones qui détectent les plantations (ou arbres) nécessitant une intervention!
  • Un problème avec la consommation d’énergie ? Un logiciel d’optimisation va être mis en place pour optimiser cette dernière!
  • Un problème avec le gâchis alimentaire ? Un frigo intelligent qui nous dit quelle recette faire avec ce qu’il y a dedans!
  • Un problème de bande passante, ou de manque de médecin ? La 5G répondra à ces problèmes avec des opérations à distance et une bande passante énorme!

Même s’il est vrai que dans ces cas particuliers les services numériques peuvent contribuer à répondre, en partie au problème proposé il me semble important de nuancer fortement ce propos et ce pour plusieurs raisons:

  1. Ce ne sont pas les seules solutions qui permettent de répondre à ce problème!
  2. On oublie que les services numériques consomment aussi des ressources, des matières premières, de l’énergie. Le bilan écologique n’est pas forcément toujours reluisant… et même sur ces exemples servant de tête d’affiche.

Au final, on se cache derrière ces exemples pour ne pas faire l’auto-critique des services numériques et de notre consommation! Car oui, notre consommation numérique est devenu un vrai problème.

Les services numériques: un vrai problème écologique!

Il n’est aujourd’hui plus possible de penser honnêtement, après quelques recherches, que le numérique n’apporte pas son lots de problèmes écologiques.

En effet, le numérique c’est:

Les trajectoires de ces chiffres sont d’ailleurs en forte hausse comme le montre cette étude de l’ADEME et de l’ARCEP.

La construction des terminaux est particulièrement coûteuse. L’impact environnemental d’un téléphone c’est 75 à 80% sa construction! Le renouvellement de son téléphone tous les 2 ans (84% des français ont un téléphone de moins de 3 ans) pose un vrai problème écologique. Les télévisions, toujours plus grandes posent également un vrai problème en ayant un impact supérieur aux smartphones d’après GreenIT. Les impacts ne sont pas liés uniquement aux émissions de CO2 ou de consommation d’énergie! En effet il y a une énorme consommation des ressources (métaux rares, terres rares…).

Par exemple, un ordinateur c’est 800kg de matières premières, 240 kg de combustibles fossiles, 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau (slide 18 étude OPIIEC mars 2023)

Les services numériques ne sont pas virtuels! Ils sont matériels et ont un impact. L’impact actuel est immense et continue de grandir!

Quelles solutions pour les services numériques ?

Nous sommes dans un monde systémique où tout est lié.

Les services numériques font partie de ce monde. A ce titre ils peuvent contribuer à résoudre (en partie) des problèmes écologiques. Toujours à ce titre ils ont un impact qu’il est essentiel de limiter car il n’est pas soutenable de maintenir la croissance de consommation de ces services.

Afin de limiter cet impact il est important de changer de « logiciel ». Il faut penser impact, il faut penser global, il faut penser efficience.

Si l’on revient sur les exemples du début de l’article:

  • Un problème avec la consommation de papier ? On numérise!

Le numérique peut en effet répondre au besoin… mais cela ne veut pas dire qu’il faut multiplier le numérique. Un mail n’est pas neutre environnementalement. De même un texte consomme beaucoup moins qu’une image qui elle même consomme beaucoup moins qu’une vidéo.

  • Un problème avec l’abus d’antibiotiques dans les élevages ? On ajoute des puces RFID au bétail pour ne soigner que les bêtes qui en on besoin!

Il pourrait être intéressant de diminuer la concentration de ces animaux d’élevage pour qu’ils vivent mieux et soit moins sujets à des maladies… Il peut également être intéressant de revoir notre consommation et manger moins de viandes

  • Un problème avec l’utilisation massive des pesticides ? On envoie des drones qui détectent les plantations (ou arbres) nécessitant une intervention!

Des solutions existent pour assurer des rendements de façon durable avec de la permaculture. De même, l’emploi de pesticides tue également les prédateurs des « nuisibles ». De plus il existe des bio pesticides (souvent à base de champignons) qui permettent de limiter l’usage des pesticides. D’ailleurs une étude scientifique est sortie sur l’utilisation des prédateurs naturels et des bio-pesticides et elle a montré l’efficacité de cette méthode!

  • Un problème avec la consommation d’énergie ? Un logiciel d’optimisation va être mis en place pour optimiser cette dernière!

Peut être tout simplement faire attention à sa consommation. avoir des logiciels performants. Ne pas demander de la 4K sur un smartphone…

  • Un problème avec le gâchis alimentaire ? Un frigo intelligent qui nous dit quelle recette faire avec ce qu’il y a dedans!

Travailler sur ses achats et anticiper sa consommation

  • Un problème de bande passante, ou de manque de médecin ? La 5G répondra à ces problèmes avec des opérations à distance et une bande passante énorme!

Arrêter de regarder des vidéos 4K sur le la 4G. Si l’on ne le fait pas, la 5G atteindra très vite les mêmes limites que la 4G.

Conclusion

Les services numériques font partie de notre monde. Il sont une partie du problème ET de la solution aux problèmes écologiques. Il est essentiel pour tous, et plus particulièrement pour les personnes travaillant dans le numérique d’être conscient de ces impacts pour pouvoir faire pencher la balance du côté solution. Pour cela il existe de nombreuses actions qui sont complémentaires. Je ne peux que vous recommander de vous intéresser au RGESN qui propose un référentiel d’éco-conception.

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