La taverne du testeur

REX: construire un support de certification ISTQB

Les supports de certifications

J’ai suivi, comme beaucoup, des formations accréditées à des certifications ISTQB.

J’ai été amené, comme certains, à former des personnes sur les certifications en utilisant des supports certifiés.

Et comme tout le monde j’avais toujours des choses à redire sur les supports!

Je pense notamment à des remarques comme:

  • C’est moche!
  • Pourquoi il y a ça ? C’est vraiment inutile.
  • Cela pourrait être mis à jour…
  • Tiens, des fautes d’orthographes, cela ne fait pas très pro.
  • Personnellement j’aurais fait ça autrement.
  • C’est vieux comme truc, il y a encore des gens qui utilisent ça ?…

Cette année j’ai eu l’opportunité de passer de l’autre côté de la barrière et de créer de rien un support afin qu’il soit accrédité pour délivrer une certification ISTQB niveau avancé: « Testeur technique Agile« … Et comme souvent adopter un point de vue différent permet de comprendre et d’apprendre beaucoup de choses!

La construction d’un support de formation

QESTIT propose de nombreuses formations. Etant spécialiste du test, des certificaitons ISTQB font évidemment partie du catalogue. De mon côté j’ai pris le temps de lire le syllabus de la certification Testeur technique Agile que j’ai trouvé très bien. J’ai alors proposé de réfléchir à créer une formation accréditée par le CFTL pour délivrer cette dernière.

On m’a tout de suite dit OK et laissé le temps pour créer ce support. Il était alors temps de se mettre au travail et de commencer à construire ce support… et cela m’a totalement changé des support de formations que j’ai l’habitude de construire. Car un support de formation pour une certifications ISTQB c’est:

  • Un support de formation dont le but principal est de faire obtenir la certification aux apprenants. Jusqu’à maintenant les formations que je faisais étaient des formations pour faire comprendre, apprendre, manipuler. Des formations où au final je suis libre de présenter les choses telles que je les vois, telles que je les comprends, telles que je les vis. Dans ce cas il faut « constamment » se mettre au diapason du syllabus
  • Un support de formation qui est long. On parle de formations de 2 à 5 jours basées quasiment intégralement sur des supports!
  • Un support de formation où l’on doit assurer une complétude des éléments du syllabus… Et croyez moi, un syllabus c’est dense et pas forcément très digeste. Il est cependant très important d’aborder tous les sujets et d’adapter la profondeur de la présentation au niveau d’apprentissage attendu et au temps « théorique » prévu.
  • Un support de formations qui donne exactement les définitions du syllabus. Et ce même si l’on n’est pas tout à fait d’accord. J’ai été amené à me renseigner afin de bien comprendre les définitions de l’ISTQB sur des notions précises car ce n’étaient pas celles que j’utilise et que j’avais des difficultés à bien comprendre la frontière proposée dans le syllabus entre ces notions.
  • Un support de formation où l’on doit aller au delà du syllabus. Ce fut d’ailleurs ma première surprise lors de mes échanges. En fonction du niveau de connaissance attendu il faut proposer des éléments supplémentaires. Pour le Niveau K1 aucun élément supplémentaire n’est attendu, il faut juste que cela soit présent dans le support (cela inclut donc les « mot clés » présents à chaque début de chapitre). Le niveau K2 demande des exemples. Les niveaux K3 et K4 demandent d’aller encore plus loin en proposant des exercices! Le travail de conception de ces exercices est un travail minutieux et complexe. Les exercices doivent illustrer le propos, être assez rapides et faisables par l’ensemble du public suivant la formation. Autant dire cette partie, si on la souhaite de qualité est très vite chronophage
  • Un support de formation qui doit être accrédité. Dans ce cas le processus d’accréditation est assez clair et défini. Il y a évidemment une partie revue poussée du support avec une checklist d’éléments à remplir qui est défini pour chaque certification. Dans e cas du Testeur Technique AGile il y avait des vérifications sur: la qualité des exemples, la qualité des exercices, la qualité des informations contenues, la complétude des information à travers un document de traçabilité à fournir, la qualité des « Notes » inclues dans le support… et cela uniquement pour le support. L’accréditation dépend aussi, entre autres, d’avoir des formateurs certifiés. Pour l’anecdote, mon premier support n’a pas été validé en revue car j’avais oublié d’ajouter des slides sur les mots clés (j’avais mal compris cette règle). Il a fallu suivre le processus usuel de toute revue avec prise en compte du défaut, correction de ce dernier puis validation du correctif! =)

Proposer un support qui répond à tous ces critères demande beaucoup de temps et d’efforts. Celui que j’ai créé fait environ 200 slides et il est plutôt court! Un support test manager atteint facilement les 500 slides.

Il va sans dire que chaque slide a été travaillé pour répondre à l’ensemble des éléments cités ci-dessus, que j’ai essayé de rendre les slides « beaux », que j’ai souhaité avoir des slides compréhensibles, pas trop lourd mais aussi de limiter leur nombre.

Au final ce support est validé et sera bientôt utiliser pour former des spécialistes du test.

Ce que je retiens de cette expérience.

Tout d’abord je dois avouer qu’il y a un vrai sentiment d’accomplissement d’être arriver à bout de cette tâche. Ce travail n’est vraiment pas facile et demande beaucoup d’efforts. Pour être honnête je ne pense pas que je me repencherai sur ce type travail (créer un support à partir de rien) avant un certain temps. Je suis par contre maintenant plus à même d’apprécier le travail effectué sur ces supports et mes critiques seront maintenant plus constructives pertinentes ce qui me permet d’améliorer en continue plus facilement le contenu de support de ces formations.

J’ai aussi eu beaucoup de réponses à des remarques que je me faisais:

  • C’est moche!

Oui, mais afin de pouvoir remplir tous les critères dans un temps imparti on peut parfois être amené à faire des compromis. La « beauté » n’étant pas éliminatoire c’est un des éléments qui peut vite passer « à la trappe ». De plus les certifications sont valides un certain nombre d’années et en quelques années les règles pour faire un beau support ppt évoluent. De mon côté j’ai eu la chance d’avoir le temps de travailler les slides pour les rendre aussi « beau » que je le souhaitais =)

  • Pourquoi il y a ça ? C’est vraiment inutile.

Certains éléments sont obligatoires. Je pense par exemple à la présence de définitions de mots clés ou d’exemples pouvant paraître « bidons ». Il ne faut pas oublier que le support doit se suffire à lui même. Que certaines évidences pour les uns ne le sont pas pour les autres, qu’il est plus facile d’aller chercher sur son support plutôt que sur internet des définitions « valides » pour la certification.

  • Cela pourrait être mis à jour…

Une mise à jour nécessite une revue en profondeur d’un support très imposant. De plus, ces modifications ne doivent entrainer des « régressions » rendant le support non valide.

  • Tiens, des fautes d’orthographes, cela ne fait pas très pro…

Bon, je suis le premier à faire des fautes et sur un ensemble de slides allant de 200 à 500+ slides il n’est pas étonnant de voir des fautes

  • Personnellement j’aurais fait ça autrement.

La personne qui fait un support a sa vision et sa compréhension qui sont cadrées par les impératifs (compatibilité syllabus) et ses connaissances sur la manipulation de powerpoint

  • C’est vieux comme truc, il y a encore des gens qui utilisent ça ?…

Plus une version du syllabus d’une certification est vieille plus cela arrive. D’ailleurs un syllabus est valable partout dans le monde, les pratiques ne sont pas homogènes loin de là.

Conclusion

Proposer un support de formation qui doit être accrédité est un travail bien différent que créer ses propres supports pour des formations que l’on construit soit même.

Le travail d’accréditation offre certes moins de libertés mais permet en contrepartie d’avoir une sorte de certification de qualité et l’assurance que notre support pourra être utilisé et vus par de très nombreuses personnes souhaitant acquérir une certification ISTQB. Cela exige néanmoins une rigueur beaucoup plus importante que les formations « fait maison » ainsi qu’une exigence de conformité au syllabus que l’on soit en accord total ou partiel avec ce qui est proposé.

Dans tous les cas c’est une expérience qui en vaut la peine et j’espère que ceux qui seront amenés à travailler ou apprendre sur le support « Testeur technique Agile » que j’ai construit l’apprécieront et arriveront à passer les certification aisément!

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Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles

N’hésitez pas à faire vos propres retours d’expérience en commentaire.

4 réponses

  1. Super intéressant, je retiens le distinguo entre K1, K2, K3 et K4.
    As-tu constaté un taux de réussite supérieur de tes stagiaires suite à l’accréditation du support ?
    Have a good day!

    1. Bonjour Zoé,
      QESTIT ne proposait pas la formation avant l’accréditation. Il n’y avait pas de support. Tout a été créée ex-nihilo. Je ne peux donc pas avoir de comparatif.
      On peut voir l’accréditation de l’ISTQB comme une revue externe avec une checklist et un avis sur la qualité du contenu.

  2. Classification : Interne

    Bravo et merci Marc !!!

    En complément aurais-tu une liste de sites pour passer des examens blancs ?
    De mon côté j’ai trouvé çà.

    Etienne

    ISTQB Foundation
    Livre Marc Hage Chahine : Tout sur le test logiciel – Préparation à la certification ISTQB / Profession testeur (editions-ellipses.fr)https://www.editions-ellipses.fr/accueil/5264-tout-sur-le-test-logiciel-preparation-a-la-certification-istqb-profession-testeur-9782340030213.html
    GASQ : Exemples d’examens – GASQhttps://www.gasq.org/fr/certification/exemples-dexamens.html
    Examens blancs gratuits : Examen blanc ISTQB Fondation – q-leaphttps://q-leap.eu/examen-blanc-istqb-fondation/?lang=fr
    Examens blancs payants : 6 EXAMENS -ISTQB Foundation-100% de réussite | Udemyhttps://www.udemy.com/course/examen-blanc-istqb-foundation-100-de-reussite/
    Vidéo YT (revue d’un examen avec réponses commentées) (1773) CERTIFICATION ISTQB : Examen blanc avec explication 100 % de réussite – YouTubehttps://www.youtube.com/watch?v=OWYrRl8GKl0
    Le compte contient plein d’autres vidéos sur l’ISTQB
    Formation Fondation YT : (1773) Formation ISTQB complète avec meilleur qualité de son – YouTubehttps://www.youtube.com/watch?v=5inenM6gJj4
    Quizz gratuit Quiz ISTQB – (quiz-istqb.fr)http://www.quiz-istqb.fr/
    QCM gratuit Test Lab – Bitoohttps://www.bitoo.fr/test-lab-ressources-test-logiciel/
    ISTQB Test Manager
    QCM gratuit Test Lab – Bitoohttps://www.bitoo.fr/test-lab-ressources-test-logiciel/
    Ressources de préparation (anglais) : ISTQB Test Manager Certification – ISTQB Exams Worldwide – ISTQB USA ASTQBhttps://astqb.org/certifications/istqb-advanced-level-test-manager-certification/
    ISTQB Automation Engineer
    Rien trouvé

    Ce message a été classifié par DUFOUR Etienne le 10/30/2023 09:08Z

    1. Bonjour Etienne,
      Merci pour ce retour.
      Je n’ai pas plus de liens que ceux des liens utiles. Je pense donc que tu en fournit plus avec ce commentaire.
      Pour les examens blanc la source la plus fiables est le site de l’ISTQB mais c’est en anglais. Le Gasq en propose aussi et ensuite c’est plus lié à différents organismes.
      PS: le message est indiqué « classifié », je le laisse en « non approuvé » ?

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