Interview Marc Hage Chahine: Partager ses connaissances

Article publié initialement sur github, sur une initiative de Fabien Tregan qui propose de nombreuses autres interview auxquelles tout le monde peut répondre

Qui suis-je ?

Je m’appelle Marc Hage Chahine. Je suis tombé dans le test lors de mon stage de fin d’études en 2011. Depuis je n’ai pas quitté ce domaine et mon évolution actuelle me permet de :

Être un référant (« Key Member ») du centre d’expertise du test d’Altran :

  • audits
  • étude d’outils
  • accompagnement au changement
  • travail sur les RAO…)

Partager mes connaissances au travers :

  • mes articles dans la taverne du testeur et sur LinkedIn
  • du livre du CFTL « Les tests logiciels en agile »
  • d’un livre publié chez Ellipse « Tout sur le test logiciel »
  • diverses conférences notamment à la STLS et à la JFTL
  • des articles dans des magazines comme programmez !
  • former les ingénieurs de demain (cours en MIAGE)

Echanger sur le test :

  • participation à la commission « test et qualité logiciel » de la Telecom Valley
  • animation du groupe LinkedIn « Le métier du test »

Qu’est-ce qui m’a donné envie de parler la première fois ?

J’ai toujours aimé partager et discuter autour de mon métier. Néanmoins il ne m’était jamais venu à l’esprit de proposer des articles et d’écrire à ce sujet.
L’idée m’est venue suite à un contexte très particulier qui regroupait tous ces ingrédients :
• Je lisais beaucoup d’articles en anglais mais ne trouvait rien en français
• J’avais du temps au travail
• Je souhaitais avoir plus de responsabilités et de challenge sur mes missions (ne plus avoir de missions que j’aurai pu avoir « en sortant de l’école »
• Je voulais ordonner mes idées et écrire est un très bon moyen de le faire !

Qu’est-ce qui m’a fait hésiter, m’a empêché de me lancer ?

Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup hésité. Une fois que j’ai écrit les premières lignes, j’étais parti.
Néanmoins il y avait 2 points qui me dérangeaient quand j’ai commencé et qui auraient pu me ralentir.
Le premier point est que j’ai toujours était mauvais en français lors de ma scolarité. Je pensais donc qu’écrire serait assez compliqué. En fait ça ne l’est pas… Même si on peut trouver un nombre conséquent de fautes d’orthographe dans mes articles (malgré mes relectures)

Le second point, qui est de loin le plus important, était un sentiment d’illégitimité. « Qui suis-je pour écrire ces articles ? ». J’ai beaucoup cherché cette légitimité lors de mes premiers mois d’écriture d’articles pour au final me rendre compte de plusieurs choses que je me plais à répéter aux personnes qui hésitent à se lancer :

  • Pas besoin de « légitimité » pour donner son avis. Si ce que l’on propose est de qualité cela se verra avec le retour des lecteurs
  • La légitimité s’acquière avec l’expérience et ce que l’on a fait… Pour avoir la légitimité d’écrire des articles qui seront lus, il faut dans un premier temps écrire des articles !
  • La « légitimité » est en fait le meilleur moyen de s’autocensurer. Il faut faire ce qu’il nous plait !

Qu’est-ce (qui est-ce) qui m’a aidé ?

Pour les articles :
Le premier outil qui m’a aidé c’est LinkedIn qui propose une plateforme gratuite pour écrire, référencer, stocker des articles mais aussi une audience potentielle très importante. Cela peut sembler bête mais en fait évite de créer un blog, payer, faire de la communication… En clair cela simplifie beaucoup de chose.
Fort heureusement, les outils ne font pas tout (et même ne font rien tout seul). Ce qui m’a vraiment aidé c’est les gens, leurs retours, leurs échanges, leurs partages. Ils sont trop nombreux pour être cités mais mes amis d’enfance, mes collègues, mes employeurs et même de nombreux inconnus à l’époque m’ont encouragé, proposé des sujets et m’ont permis de continuer. Sans ces retours j’aurai rapidement arrêté mes écritures d’article et je ne serai pas là où je suis actuellement.
Pour tout le reste :
Mes articles ! Une grande partie de mon évolution professionnelle mais aussi au niveau plus personnel avec les activités de partage vient de mes articles qui m’ont donné de la visibilité et une légitimité.

Qu’est-ce que ça m’apporte de parler en public ?

Parler en public c’est une expérience particulière. Cela permet de développer des compétences qui ne sont pas forcément utilisées dans le travail quotidien mais qui servent dans la vie de tous les jours.
Parler en public permet également d’échanger et ai donc très enrichissant.
Enfin, parler en public force à bien maitriser son sujet et donc bien travailler et organiser ses connaissances.

Qu’est-ce qui m’a fait ou donné envie d’arrêter ?

Cela peut sembler un peu cliché mais je n’ai jamais vraiment douté, j’ai toujours pris mon activité comme du bonus. Néanmoins, si on veut réussir sur du long terme, il faut faire attention à la gestion de son temps et se donner un cadre avec une certaine rigueur à suivre.
La mienne a été de publier 1 article par semaine travaillée. Cela n’a pas toujours été facile de trouver du temps, d’autres fois j’avais plusieurs articles de prévus mais ne devais pas les publier d’un coup sous peine de retomber dans un état d’urgence où j’aurais dû ré-écrire des articles qui aurait potentiellement perdu en qualité.
Pour ce qui donne envie, c’est principalement une soif de partager, d’apprendre, de s’améliorer mais surtout, de ne pas s’ennuyer. L’écriture d’article ou simplement partager ses connaissances est une énorme source de connaissances…

Combien je passe de temps à préparer un nouveau talk ?

Cela va dépendre des talks et articles.
Une écriture d’article c’est en moyenne 2 heures d’écritures… Mais il faut aussi avoir les connaissances (et donc les chercher si besoin), l’idée de sujet de l’article.
Un talk c’est en moyenne 1 heure pour 10-15 minutes de présentation si on peut se permettre de ne pas avoir des slides très poussés. Cela peut vite aller plus loin. Par exemple, pour la présentation à la JFTL qui durait 25 minutes, j’ai facilement passé l’équivalent d’une semaine de travail (sans compter le travail de mon co-présentateur et de l’ITQ qui nous a aidé).

Comment je me prépare ?

Je ne suis pas quelqu’un qui se prépare énormément. Je suis d’ailleurs assez mauvais pour tout ce qui est « répétition ». Ma manière de me préparer c’est de maitriser parfaitement mon sujet et savoir quel est le message que je veux faire passer (et avoir une bouteille d’eau pour boire !)
Quand ces conditions sont réunies, tout se passe bien. Dans le cas contraire, cela se ressent.

Comment je choisis à quelle conf je propose un talk ?

Pour le moment je n’ai proposé mes talks que dans des conférences auxquelles je souhaitées participer.
Il faudrait peut-être que j’aille plus loin dans le futur.

Comment je choisis de quoi je vais parler ?

Je choisi toujours un sujet qui me plait et que je sais « dans l’air du temps » grâce à la veille que je fais.
Ensuite, il faut l’opportunité ou l’idée.
En fait, le plus dur n’est pas d’avoir une idée mais de sélectionner laquelle proposer.

C’est quoi, pour moi, un bon sujet ?

Un bon sujet c’est avant tout un sujet qui me plait. Un sujet où j’aurais des choses à dire et à partager.
Ensuite je pars du principe qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais sujet. Le plus important est la façon de l’aborde et comment il est présenté.
Il existe par contre des sujets non adaptés à l’audience et il faut donc toujours faire attention à cela lorsque l’on prépare une présentation.

Qu’est-ce que j’ai découvert qui m’a étonné en commençant à parler ?

J’ai découvert que les personnes qui parlent lors de ces présentations sont généralement particulièrement accessibles et sont des passionnés de leurs sujets. Il est donc facile d’aller directement leur parler et échanger sur les sujets de leur présentation.
Avant de faire ces présentations, ces personnes me semblaient avant tout être des experts qui n’avaient pas forcément de temps pour quelqu’un de lambda comme moi. C’est en fait totalement faux, les présentateurs sont les premiers avides d’échanges !
N’hésitez plus et venez nous parler =)

Une histoire que j’aurais envie de raconter sur ce qui s’est passé quand / après que j’ai parlé ?

J’aime bien parler de ma première présentation dans une école d’ingénieur. J’avais tout bien préparé, proposé les slides en amont et préparé ma venue avec une personne d’Altran. Le support de présentation avait beaucoup plu à l’école qui a décidé de filmer la présentation.
Cet enregistrement m’a été très utile ! En ré-écoutant mon intervention je me suis aperçu de certains problèmes, notamment le fait de beaucoup me racler la gorge. Sur le moment je ne m’en étais pas rendu compte mais à l’écoute c’était vraiment dérangeant.
J’ai alors décidé de boire pendant mes présentations et cela se passe beaucoup mieux.
Conclusion : pensez à vous enregistrer lors de présentation, cela vous permettra de vous améliorer

Un mot de la fin

Ne vous autocensurez pas !
Faites ce qui vous plait, faites le bien et le succès sera au rendez-vous !
Ne faites pas quelque chose qui ne vous intéresse pas dans le but d’avoir des retours rapides sur vos actions.
Se faire connaitre est un travail de longue haleine, n’attendez pas un retour immédiat ou des résultats précis à vos actions. Ne vous mettez pas à écrire des articles sur LinkedIn juste en pensant que cela vous permettra de booster votre carrière et vous ouvrant les portes d’un poste qui vous intéresse. Cela ne fonctionne pas comme cela. Les résultats viendront forcément, mais il n’est pas possible de prévoir la forme de ces résultats ni quand ils apparaitront.

N’hésitez pas à me suivre et lire mes autres articles si vous voulez en apprendre plus sur le test ou venir partager vos connaissances

Pensez à rejoindre le groupe « Le métier du test » si vous souhaitez échanger sur le test

Merci à tous ceux qui mettent « j’aime », partagent ou commentent mes articles

N’hésitez pas à faire vos propres retours d’expérience en commentaire.

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