Souvent on entend dire que les tests coûtent cher, mais on oublie de valoriser le coût de la non qualité en production.
Une des raisons qui explique cette situation est que la qualité est un coût pour le projet, alors que la non qualité est un coût pour l’entreprise. Les chefs de projet non convaincus par la qualité ont alors tôt fait d’arbitrer ou de réduire les activités qualité pour gagner du budget…
D’une manière générale, la stratégie de test est là pour comparer le coût de la qualité au coût de la non qualité, pour définir un effort de test sur mesure. L’objectif de cette équation, on l’a vue à de nombreuses reprises sur les combats précédents, est d’éviter la sous qualité, mais aussi d’éviter la sur-qualité. Le travail du testeur est toujours artistique, tel un funambule.
Alors de quel côté penche la balance, coût de la qualité ou coût de la non qualité ?
Coût de la qualité
On considère qu’un processus de qualité efficient détecte en moyenne, lissée sur la durée du projet, 1 anomalie par jour et par testeur. Si on simplifie le coût journalier d’un testeur à 500€, le coût de la qualité est équivalent à ce coût.
Coût de la non qualité
Le coût de la non qualité est pour sa part multifactoriel :
- Coût de la maintenance corrective, incluant le coût de correction, packaging…
- Coût du support : il peut aussi couvrir un mauvais change, mais en soit c’est aussi de la non qualité, mais « documentaire »
- Perte de capital lié à de mauvaise valorisation, paiement ou autre
- Perte de productivité pour les utilisateurs / agents en production
- Pénalités, réclamations venant des clients, fournisseurs ou réglementaire
- Perte d’image, de clients suite à des mécontentements, surtout à l’heure actuelle
Il est difficile de se projeter pour objectiver la non qualité au travers de ces éléments. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle ce n’est pas fait. Certains éléments sont non financiers, à géométrie variable, il est donc difficile de faire ce calcul.
Plutôt que de ne pas faire ce calcul, il vaut mieux faire une estimation quitte à la sous-estimer, mais cela permet néanmoins d’avoir une borne qui fixe les idées. Pour simplifier le calcul, personnellement, je prends le coût de la maintenance corrective et je dis que cela correspond à 33% du coût de la non qualité. Bien entendu il faut valider ce chiffre pour chaque organisation / processus.
Il existe une autre façon de faire ce calcul. La perte de productivité est un de ses éléments importants, et donc le nombre d’utilisateurs / agents est aussi lié d’une façon au coût de la non qualité. On considère généralement qu’une anomalie coûte 3€ par utilisateur / agent.
Comparatifs
Sur la base de ces chiffres, la qualité, pour un processus efficient, est rentable à partir de 167 utilisateurs / agents. Il s’agit bien entendu d’une estimation à challenger, à adapter aux particularités de chaque entreprise et processus. Mais cela permet d’avoir un premier ordre d’idée simple à partager, qui alimente le débat et a le mérite d’être tangible.
Il est rare d’avoir moins de 167 utilisateurs / agents sur une application, tout dépend bien entendu de la taille de l’entreprise. Sur cette base-là, la qualité coûte donc moins cher que la non qualité. Et effectivement en dessous de ce chiffre, au processus critique ou autres critères près, la qualité coutera plus cher.
Nous avons donc un gagnant pour ce combat, et pas n’importe lequel…


